Le Synode de Rouen (2009-2010)

Messe de la Saint-Romain et Ouverture du synode de Rouen 25/10/09

Messe de la Saint-Romain et Ouverture du synode de Rouen 25/10/09

Après la clôture du synode, notre archevêque, Mgr Jean-Charles Descubes, vient de promulguer les orientations synodales que les paroisses et les communautés sont invitées à s’approprier pour la mise en oeuvre du synode.

Vous trouverez sur ces pages le texte de la promulgation, l’historique de la mise en oeuvre et la définition de la notion « serviteur de communauté ».

C’est maintenant que nous mettons en œuvre le synode : la participation de chacun va permettre à notre Église diocésaine de répondre à la mission que le Christ nous adresse.

Question posée au synode : « Que ferons-nous pour que, dans le diocèse de Rouen, nos paroisses soient des communions de communautés de disciples du Christ qui vivent et témoignent de l’Evangile ? »

Le synode doit en préciser les moyens : « Quels rassemblements, quelles célébrations et quels ministères (quelles responsabilités) leur sont nécessaires ? »

Père Alexandre Joly, secrétaire général du synode

« AVEC LA FORCE DE L’ESPRIT »

Au service d’un monde aimé de Dieu, l’Eglise de Rouen est fière de son Seigneur et heureuse dans sa mission (Un projet pour le diocèse de Rouen, 11 décembre 2005). Elle se veut une Eglise qui donne sens à la vie et à la société en témoignant de la bienveillance de Dieu, de sa tendresse pour chacun, en donnant forme aux aspirations et aux désirs des jeunes générations.

Au cours de l’année 2009-10, elle a célébré un synode.

A la suite de ceux réunis en 1954 et en 1968-69, ce synode s’inscrit dans l’histoire du diocèse, et dans les perspectives ouvertes par le rassemblement du 18 avril 1993, Jour de fête, jour d’espoir, et par Horizon 2005 qui avait conduit Mgr Joseph Duval à décider une nouvelle carte paroissiale et à inviter les paroisses à être des communions de communautés.

Aussi avait-il à répondre à une question : « Que ferons-nous (Ac 2.37) pour que, dans le diocèse de Rouen, nos paroisses soient des communions de communautés de disciples du Christ qui vivent et témoignent de l’Evangile ? » En conséquence : « Quels rassemblements, quelles célébrations et quels ministères leur sont nécessaires ? »

Convoqué lors de la messe chrismale le Jeudi-Saint 20 mars 2008, accompagné de la prière des communautés chrétiennes, il a été préparé au cours de l’année pastorale 2008-09 :

une enquête de situation, en faisant un état des lieux de l’Eglise diocésaine, a permis d’expliciter les souhaits des catholiques pour l’animation des paroisses et des communautés, sur la manière de vivre le dimanche : 6 760 réponses ont pu être exploitées ;
des équipes de préparation ont repéré ce qui devait être considéré comme des priorités pour que l’Eglise soit localement fidèle à sa mission, et élaboré des éléments de réponse à la question du synode : 500 équipes ont réuni environ 4 000 personnes :
une commission théologique a explicité les fondements de l’objectif donné au synode et recherché dans la tradition catholique et dans la pratique d’autres confessions chrétiennes comment l’Eglise s’est organisée dans des contextes socioculturels différents.

L’assemblée synodale, présidée par l’archevêque de Rouen, comprenait 240 membres : 40 prêtres, 6 diacres, 2 séminaristes, 16 religieux et religieuses, 175 laïcs ; 182 délégués élus et 58 membres de droit dont les membres du conseil presbytéral et du conseil pastoral ou nommés par l’archevêque. Les paroisses orthodoxes et réformées de Rouen étaient invitées à envoyer des observateurs.

Ouvert le 25 octobre 2009 à la cathédrale Notre Dame le jour de la fête de Saint Romain, patron de la ville de Rouen, le synode s’est tenu en trois sessions (14 et 15 novembre 2009 ; 27 et 28 février 2010 ; 1er mai 2010) et s’est achevé le 24 mai 2010 à l’abbatiale Saint Ouen par le vote d’un Message final et la remise à l’archevêque du Document de référence et des Décisions votées par l’assemblée.

Les travaux ont été dirigés par une commission centrale composée de deux prêtres dont le secrétaire général du synode, un diacre permanent et deux laïcs. C’est cette commission qui a rédigé le Cahier synodal, point de départ des échanges et de la réflexion des membres de l’assemblée tant au cours des sessions que dans les quinze commissions dans lesquelles ils avaient été répartis.

Assemblée fraternelle des chrétiens du diocèse, ce synode a été un moment privilégié pour écouter l’Esprit Saint, délibérer avec lui et décider ce qu’il est opportun de mettre en œuvre localement pour que l’Evangile du Christ résonne au cœur des hommes comme une bonne nouvelle.


PROMULGATION
En cette fête de Saint Romain, je promulgue le Document de référence sous le titre :

 

Orientations synodales
Note 1 : Afin de lever toute ambiguïté dans leur interprétation, sont retenus pour caractériser une communauté ecclésiale les critères définis par le Père Y.M. Congar et rappelés dans le document Fondements et perspectives de la Commission théologique :

une confession de foi qui implique que la communauté se rassemble au nom de Jésus-Christ,
une communion avec d’autres communautés confessant la même foi,
une communauté que tous ont le souci de faire exister,
une reconnaissance du ministère ordonné car c’est à cette condition que la communauté signifie le mystère de l’Eglise.

Note 2 : les Orientations synodales intègrent les Décisions adoptées le 1er mai par l’assemblée synodale à l’exception de celle qui souhaite que soit confiée à un curé la décision, non conforme à la discipline actuelle de l’Eglise catholique, d’admettre ou non des chrétiens divorcés remariés à la communion. L’Eglise est consciente de la souffrance que représente pour bon nombre de chrétiens divorcés remariés l’impossibilité de pouvoir sacramentellement être réconciliés et communier. Fraternellement accueillis et soutenus spirituellement, ils ont toute leur place dans les paroisses et les communautés y compris en y assumant des responsabilités compatibles avec leur situation.

Note 3 : Dans la mise en œuvre des décisions adoptées il importera de tenir compte de la proportion entre les oui et les oui avec réserve, ces derniers invitant à ce que des aménagements soient apportés aux propositions.


MISE EN ŒUVRE
Le Projet pour le diocèse de Rouen publié le 11 mars 2005 à l’occasion du quarantième anniversaire de la clôture du Concile Vatican II, proposait cinq perspectives :

Accueillir le don de la foi.
Relever le pari de l’espérance.
Avoir l’audace des réalisations.
Veiller à la qualité des organisations.
Garder la simplicité du cœur.

Elles donnent l’esprit dans lequel les décisions du synode seront progressivement mises en œuvre.
Des lignes pastorales :

La place donnée à la Parole de Dieu :

la Parole de Dieu doit être au cœur de la vie des chrétiens et des communautés : elle façonne le monde et habite chacune de nos vies ; c’est la Parole de Dieu qui, sous l’action de l’Esprit Saint, nous guide vers la vérité ; « L’Eglise ne vit pas d’elle-même mais de l’Evangile et elle tire toujours et à nouveau de l’Evangile des orientations pour son chemin » (Benoît XVI, Quarantième anniversaire de la constitution dogmatique Dei Verbum) ; elle doit se mettre sous la Parole ; l’Evangile à recevoir, l’Evangile à annoncer sont sa seule raison d’être, le fondement de sa mission ;
on développera la proposition de Liturgies de la Parole, la constitution de groupes de partage biblique ainsi qu’une formation d’animateurs de groupes d’échange et de lecture des Ecritures ;
« Dans les Saints Livres, en effet, le Père qui est aux cieux vient avec tendresse au devant de ses fils et entre en conversation avec eux ; or, la force et la puissance que recèle la Parole de Dieu sont si grandes qu’elles constituent pour l’Eglise, son point d’appui et sa vigueur, et, pour les enfants de l’Eglise, la force de leur foi, la nourriture de leur âme, la source pure et permanente de leur vie spirituelle » (Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum).

L’attachement à l’Eucharistie :

la Parole de Dieu se fait chair sacramentellement dans l’Eucharistie, « source et sommet de la mission de l’Eglise » (Benoît XVI, Exhortation apostolique Sacramentatum caritatis) ;
l’eucharistie occupe donc une place centrale dans la paroisse : là « se trouvent la racine vivante de sa constitution et de sa croissance, et le lien sacramentel de son être en pleine communion avec toute l’Eglise » (Jean-Paul II, Exhortation apostolique Christifideles laici) ;
aussi est-il important de veiller à la qualité de la préparation et de la célébration de l’eucharistie, de mettre en valeur la première communion, d’avoir le souci de la communion avec les frères absents.

Le service des personnes et de la société :

être attentif à la vie des hommes dans toutes ses dimensions justifie la proximité souhaitée par le synode, une proximité ouverte à la communion avec d’autres en honorant les différences de situation (l’urbain et le rural p.ex.),
en s’appuyant en particulier sur les mouvements apostoliques, seront prises des initiatives qui traduiront un plus grand engagement des chrétiens dans la vie professionnelle, politique et sociale, et une plus grande attention aux questions que posent les réalités économiques (agriculture, industrie, secteur tertiaire), la situation des banlieues, le vieillissement de la population, l’accueil des migrants, le développement humain durable, le dialogue interreligieux ;
« S’il faut soigneusement distinguer progrès terrestre et croissance du Règne du Christ, ce progrès importe cependant beaucoup au Royaume de Dieu, dans la mesure où il peut contribuer à une meilleure organisation de la société. En effet, les valeurs de dignité humaine, de communion fraternelle et de liberté, tous ces fruits excellents de la nature et de notre liberté, que nous aurons multipliés sur terre dans l’Esprit du Seigneur et selon son commandement, nous les retrouverons plus tard … Ils seront alors purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés » (Concile Vatican II, constitution pastorale Gaudium et Spes).
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Une Eglise conviviale et fraternelle :

l’Eglise est avant tout la famille de Dieu ; elle doit s’organiser mais son souci premier est d’être au service des personnes et de leur épanouissement ; tout ce qu’elle peut imaginer, inventer, mettre en place pour accomplir la mission que le Christ lui confie n’a de sens que porté par une dynamique de l’amour : par la fraternité qui les unit, heureux d’être aimés de Dieu, les chrétiens témoignent en ce monde que s’aimer est possible ;
l’Eglise est l’affaire de tous ; aussi doit-on :
veiller à ce que chacun soit reconnu et estimé pour ce qu’il apporte à la vie de la communauté que ce soit comme laïc, comme religieux ou religieuse d’une congrégation contemplative ou apostolique, comme personne consacrée ou comme ministre ordonné,
se donner les moyens d’une vraie coresponsabilité afin que tous, laïcs, diacres, prêtres et évêque, soient associés à l’élaboration des décisions ;
articuler les relations : paroisse et communautés, ministères laïcs reconnus et ministère ordonné, services et mouvements, etc.

Des propositions de formation :

deux directions sont retenues :
une intelligence de la foi  car c’est un droit fondamental des baptisés,
une formation aux responsabilités : la bonne volonté ne suffit pas ; la charité doit être compétente ;
dans chaque doyenné, un prêtre ou un laïc aura la responsabilité d’évaluer chaque année avec le vicaire épiscopal chargé de la formation les besoins de formation, et de mettre en place des propositions coordonnées entre les paroisses en collaboration avec le service diocésain de Formation permanente.

Quelques attentions particulières :

la proposition d’une catéchèse fondamentale lors de la préparation au mariage ou de la préparation des parents au baptême de leurs enfants (en utilisant p.ex. le parcours élaboré par les services diocésains de la Liturgie et des Sacrements, du Catéchuménat, de la Catéchèse et de la Pastorale des Familles) ;
l’accueil des familles dans leur diversité en multipliant les lieux d’écoute et de dialogue animés par des personnes ayant les compétences nécessaires ;
la place des personnes divorcées et remariées dans les paroisses et les communautés ;
la mise en place d’une pastorale de la visite des personnes isolées et empêchées de se rendre aux assemblées dominicales ; les diacres permanents ont reçu collectivement la mission d’aider à l’intensification de ce service de communion ecclésiale ;
la pastorale des adolescents et des jeunes :
en renforçant les liens entre les paroisses, les établissements catholiques d’enseignement (qui peuvent demander à être reconnus comme des communautés) et les aumôneries,
en affectant un lieu à Rouen pour que se crée une communauté de jeunes,
en favorisant une année de volontariat au service du diocèse et des paroisses.
La paroisse :

Première unité pastorale et missionnaire d’une Eglise particulière, la paroisse, en élaborant un projet pastoral, veille à ce que les grandes missions de l’Eglise soient assurées.

C’est à la paroisse qu’a lieu, dans l’église principale, la célébration eucharistique dominicale où les chrétiens des diverses communautés ainsi que ceux qui sont de passage, se rassemblent à la convocation du Seigneur.

C’est aussi à la paroisse que sont célébrés dans l’église principale les sacrements de l’initiation chrétienne.

C’est encore à la paroisse que la préparation aux sacrements, la catéchèse et la charité sont organisées de telle manière que soient bien perçus accueil personnel et sens communautaire.

La paroisse a le souci de veiller à s’organiser en communion avec les paroisses voisines dans le cadre d’un doyenné et avec le diocèse.
Organisation des paroisses :
un curé :
c’est à un prêtre, ministre ordonné, qu’est confiée la charge pastorale d’une paroisse ;
il l’exerce en étroite collaboration avec une équipe pastorale composée des ministres ordonnés (prêtres et diacres nommés au service de la paroisse), des serviteurs des communautés et du responsable de la pastorale des jeunes ;
le curé est nommé pour six ans prorogeables (Horizon 2005) ;
s’il n’est pas possible de nommer un curé on aura recours aux dispositions du canon 517 § 2 mais en ayant conscience qu’il s’agit là d’une situation provisoire ;

une assemblée paroissiale :
ouverte à tous elle est consultée chaque année sur les projets de l’équipe pastorale ;
cette assemblée se formalise dans un conseil paroissial :
présidé par le curé, ce conseil est composé de telle manière qu’il soit une authentique représentation de la paroisse,
ce conseil est la conscience évangélique et missionnaire de la paroisse :
en étant attentif à la vie des hommes et des femmes du lieu sur lequel la paroisse est implantée, et de ceux qui sont amenés à la fréquenter (pour des raisons professionnelles, des études, dans un but culturel ou touristique, etc.),
en veillant à la mise en œuvre des propositions pastorales faites à l’assemblée paroissiale ;

un conseil économique :
il est également présidé par le curé ;
en étroite collaboration avec l’équipe pastorale, il établit le budget de la paroisse et vérifie les comptes ;
il veille à ce que la gestion de la paroisse soit solidaire et conforme aux orientations diocésaines ;

une église principale :
elle est le lieu du baptême qui incorpore à l’Eglise et de la célébration eucharistique dominicale ;
s’il s’avérait nécessaire de désigner deux églises principales, on en réfèrerait à l’ordinaire ;

une maison paroissiale :
chaque fois que sa réalisation est possible, elle est le lieu d’un accueil fraternel, de l’information et d’un secrétariat.

Les communautés :

Organisées autour de la Parole de Dieu, elles sont le lieu où la vie se partage concrètement dans la fraternité et la solidarité. Elles permettent une participation active aux événements qui marquent la vie des personnes, une présence aux malades, aux plus démunis, aux nouveaux venus, une proximité visible de l’Eglise.

En se référant aux critères des Orientations synodales, il est nécessaire d’expliciter leur spécificité : locale (géographique : un quartier ou des communes voisines p.ex.) ; socioculturelle (homogénéité, mentalité p.ex.), instituée (établissement catholique d’enseignement, aumônerie d’établissement hospitalier, etc.), associative (autour d’une même sensibilité religieuse, d’un projet spirituel, éducatif ou caritatif, etc.)
Organisation des communautés locales :
un serviteur de la communauté :
il est nommé avec un mandat de trois ans (renouvelable) ; cette mission peut être considérée comme un ministère reconnu ;
une consultation discrète du conseil paroissial voire de la communauté peut être opportune afin de vérifier son aptitude à servir la communion de la communauté et de la communauté avec la paroisse ;
il fait partie de l’équipe pastorale de la paroisse ;
il est présenté à la communauté et reconnu par le curé au cours d’une célébration présidée par l’archevêque ou le vicaire épiscopal ;

les célébrations :
une communauté se réunit régulièrement pour célébrer son Seigneur ;
ces célébrations prennent ordinairement la forme d’une liturgie de la Parole ; elles ont lieu, dans un premier temps, un jour de semaine pendant l’Avent et le Carême ;
les mariages et les funérailles sont habituellement célébrés dans les églises des communautés.
Note sur l’aménagement des églises des paroisses et des communautés :
Dans l’église principale de la paroisse, on veillera avec soin à l’aménagement des fonts baptismaux et de l’autel qui sont significatifs de sa fonction.
Dans les églises des communautés locales, on mettra surtout en valeur le Livre des Ecritures : « L’Eglise a toujours vénéré les divines Ecritures, comme elle l’a toujours fait aussi pour le Corps même du Seigneur » (Concile Vatican II, Dei Verbum). Puisque l’eucharistie y est rarement célébrée, on se demandera s’il n’est pas préférable, en dehors des célébrations, d’enlever le nouvel autel pour remettre en valeur l’ancien maître-autel et ainsi mieux signifier la présence du Christ.
La Commission diocésaine d’Art sacré sera consultée pour ces aménagements.
Au cours de l’année pastorale 2010-11, les curés, les équipes d’animation paroissiale et les conseils pastoraux s’approprient les Orientations synodales et le Décret de promulgation disponibles sur le site du synode et en version imprimée.

A compter de Pâques 2011, dès que paraît opportune et possible la mise en œuvre du dispositif pastoral prévu par le synode pour les communautés et les paroisses, chaque paroisse communique à l’archevêque ou au vicaire épiscopal :

– le nom de l’église qui pourrait être désignée comme église principale de la paroisse ;
– la liste des communautés qui pourraient être reconnues.

 

Des ministères laïcs reconnus :

En complément des ministères ordonnés et institués, des ministères reconnus (ou offices) seront officialisés pour permettre à l’Eglise diocésaine d’assurer sa mission et de relever les défis de l’évangélisation.

Ces ministères reconnus sont conférés par l’évêque lors d’une célébration diocésaine pour un temps limité et font l’objet d’une lettre en précisant les missions.

Les laïcs appelés à un ministère reconnu sont prioritairement choisis parmi ceux qui ont suivi une formation aux responsabilités ecclésiales.
Les prêtres :

Pour honorer deux vœux particuliers du synode :

un groupe de travail élaborera une grille qui permette aux prêtres d’évaluer et de rendre compte de la mission qui leur est confiée à l’archevêque ou au vicaire épiscopal ;
dès que possible une communauté de vie sacerdotale sera proposée aux prêtres qui en feront la demande.

Il revient aux familles et aux communautés de porter le souci de l’appel au ministère presbytéral.
Des rassemblements diocésains :

Pour que s’intensifie la conscience d’appartenir à une Eglise particulière, le synode souhaite l’organisation régulière d’événements diocésains.

Sans exclure la possibilité d’un rassemblement diocésain exceptionnel, de nombreuses occasions de rencontres existent ; mériteraient que soit mieux prise en compte leur dimension diocésaine : la Fête de Saint Romain, l’Appel décisif des catéchumènes le Premier dimanche de Carême, la Messe chrismale le Jeudi Saint, les Ordinations ; il importe de mentionner également les rassemblements régulièrement programmés par la Pastorale des Jeunes à l’intention des adolescents et des jeunes.
Une assemblée synodale :

Réunie chaque année, il lui revient d’évaluer la mise en œuvre des décisions synodales et d’émettre des vœux en conséquence.
Présidée par l’archevêque elle se compose des membres des conseils presbytéral, pastoral et économique, d’un délégué de chaque équipe pastorale paroissiale et de représentants des congrégations religieuses, des mouvements et des associations.


La fidélité à ce que l’Esprit Saint nous inspire, la mise en œuvre des décisions du synode nous obligent à des réformes organisationnelles et surtout à des conversions de nos manières de vivre en Eglise.

En décidant une nouvelle carte paroissiale, Mgr Joseph Duval y invitait déjà.

C’est à ce prix que nos paroisses, communions de communautés, donneront quelque chose à voir de la communion de Dieu lui-même, Père, Fils et Esprit Saint, et de la communion qu’il souhaite pour son Eglise et pour l’humanité.

Formons une Eglise de fidèles rassemblés par le Christ et animés par son Esprit, conscients de leur mission, reconnus dans leurs initiatives. Formons une Eglise dans laquelle ses ministres laïcs reconnus et ses ministres ordonnés, diacres, prêtres et évêque, seront situés à leur juste place. Formons une Eglise qui sera crédible dans son témoignage en raison de la qualité de ses propositions et de la communion qui unira ses communautés dans les paroisses.

Que la Vierge Marie, Mère de Dieu et figure de l’Eglise, qui, dans son mystère de l’Assomption, est la patronne du diocèse de Rouen, éclaire notre chemin à la suite de son Fils.
A Rouen, en la fête de Saint Romain, le 24 octobre 2010
Jean-Charles Descubes
Archevêque de Rouen

Par mandement
Jacques Bourg
Chancelier

Pour vivre du synode en communauté et en paroisse…

Au cours de l’année 2009-2010, l’Église de Rouen a célébré un synode. « Assemblée fraternelle des chrétiens du diocèse, ce synode a été un moment privilégié pour écouter l’Esprit Saint, délibérer avec lui et décider de ce qu’il est opportun de mettre en œuvre localement pour que l’Évangile du Christ résonne au cœur des hommes comme une bonne nouvelle » (Mgr Jean-Charles Descubes, décret de promulgation).

Si le temps du synode est achevé, sa mise en œuvre commence. Elle concerne tous les catholiques du diocèse, leurs communautés et leurs paroisses. C’est à travers sa mise en œuvre que le synode portera effectivement tous ses fruits.

Pour aider à s’approprier les orientations synodales, voici quelques questions et suggestions dans l’esprit des décisions prises[1]. Plutôt que d’être conforme à un texte, il convient de vivre de la dynamique de cette assemblée.

 

Lignes pastorales

–    Place donnée à la Parole de Dieu : quelle place a la Parole de Dieu dans nos communautés et nos paroisses ? Diverses propositions peuvent naître : temps de partage autour de la Parole, initiation à la lectio divina, formations à la compréhension de l’Écriture, liturgies autour de la Parole, prière de la Liturgie des heures (laudes, vêpres, etc.).

–    Attachement à l’eucharistie : point saillant durant le synode, on s’interrogera sur ce que cela signifie concrètement. Quels regroupements pour la messe ? Il a été décidé que la célébration dominicale de l’ensemble de la paroisse aura lieu habituellement dans l’église principale : comment y parvenir dans un esprit de communion ? Quel souci avons-nous des personnes qui ne peuvent pas se déplacer ? Comment valoriser la première communion ? Comment développer d’autres liens à l’eucharistie ?

–    Service des personnes et de la société : le synode a mis en valeur plusieurs points d’attention dans la société (vieillissement de la population, migrants, développement humain durable, dialogue interreligieux, monde professionnel, etc.). De quel(s) sujet(s) vont s’emparer notre communauté et notre paroisse ? Ce choix pourrait avoir lieu au cours d’une assemblée paroissiale.

–    Une Église conviviale et fraternelle : réfléchir à la place donnée à chacun au sein des communautés et de la paroisse, aux relations entre les communautés et la paroisse, à la place des ministères et des responsabilités diverses. On pourra s’interroger également sur les propositions spécifiques à inventer pour les jeunes, pour les familles, pour les personnes divorcées et remariées, pour les personnes isolées, etc.

 

Les communautés

Soucieux de proximité, les membres du synode ont choisi de revaloriser les communautés au sein de la paroisse. « Elles sont le lieu où la vie se partage concrètement dans la fraternité et la solidarité. Elles permettent une participation plus active aux événements qui marquent la vie des personnes, une présence aux malades, aux plus démunis, aux nouveaux venus, une proximité visible de l’Église ».

Pour reconnaître chacune des communautés, il convient de mesurer leurs forces. Des communautés peuvent se créer, d’autres disparaître.

[1] Ne sont reprises ici, dans un but pratique, que les orientations concernant directement les communautés et les paroisses. On aura soin, pour chacune des questions évoquées, d’approfondir en consultant les Orientations synodales.

–    Dans un premier temps, il faut pouvoir mettre en lumière les critères donnés par le synode pour reconnaître une communauté : tout groupe de chrétien n’est pas pour autant une communauté telle que l’entend le synode. Quelles sont les communautés qui existent dans notre paroisse ? Comment se caractérisent-elles ? Où en sont nos communautés ?

–    Un serviteur de la communauté : pour chaque communauté, « un serviteur de la communauté » est désigné par le curé pour servir la communion de la communauté et de la communauté avec la paroisse. Que peut-on attendre du serviteur de la communauté ? Quelle forme peut avoir son ministère ? De quoi a-t-il besoin pour remplir sa mission ? Comment donner à la communauté de le reconnaître dans sa responsabilité ?

–    Les célébrations : pour exister en tant que telle, la communauté doit se réunir régulièrement. Quel type de célébration peut rassembler la communauté ? Comment la Parole de Dieu peut-elle être l’âme de la communauté et sa force de mouvement ?

–    La vie de la communauté : après avoir mis en lumière ce qui caractérise la communauté, on pourra s’interroger sur ce qui façonne la communauté, sur la vie propre de la communauté. Comment met-elle en œuvre cette proximité de l’Église ? Comment annonce-t-elle l’Évangile ? Quelle est sa visibilité au milieu des autres hommes ?

 

La paroisse

–    L’assemblée paroissiale : voulue par le synode, l’assemblée est l’instance principale de la paroisse. Ouverte à tous, elle permet à tous de prendre part aux projets pastoraux de la paroisse et d’être partie prenante de la vie paroissiale. Comment peut-on mettre en place une telle assemblée paroissiale ? Quelle peut être son organisation ? Comment permettre au plus grand nombre de se sentir concerné ?

–    Le conseil paroissial : pour fonctionner, l’assemblée paroissiale se formalise dans un conseil paroissial, conscience évangélique et missionnaire de la paroisse. Le conseil paroissial n’est pas la réunion des responsables des différents services mais le reflet des différentes réalités présentes dans la paroisse (hommes – femmes, générations, professions, quartiers, rural – urbain, etc.). Quelles réalités semblent présentes dans la paroisse ? Comment formaliser ce conseil paroissial ? Il sera bon de préciser sa mission en fonction de la réalité de la paroisse.

– Équipe pastorale : elle met en œuvre ce qui a été dessiné par l’assemblée paroissiale. Composée des ministres ordonnés, des serviteurs de la communauté et du responsable de la pastorale des jeunes, elle collabore à la charge pastorale confiée au curé. Que peut-on attendre de l’équipe pastorale ? Comment la vie des communautés peut-elle être prise en compte dans l’animation de l’équipe pastorale ? On recherchera ce que l’équipe pastorale peut mettre en place pour permettre aux communautés de vivre réellement en communion les unes avec les autres. On pourra étudier la manière dont l’équipe pastorale permet à la paroisse d’assurer ses missions propres.

–    Église principale et maison paroissiale : ces questions évoquées par le synode ne doivent pas être réglées en premier car il s’agit avant tout de permettre aux communautés de vivre et de témoigner de l’Évangile, et d’apprendre à vivre en communion. Elles ne seront alors que la conséquence et la visibilité d’une communion déjà mise en œuvre.

 

Deux écueils à éviter :

–    La précipitation et le passage en force, source de malentendus voire de blessures ;

–    L’oubli dans un « ronron » quotidien (on range les orientations synodales dans un tiroir de la sacristie jusqu’au jour où des réalités plus difficiles nécessiteront des choix pénibles…).

Désormais, c’est finalement à chaque paroisse de vivre un petit synode, dans la dynamique du synode diocésain. Chaque communauté et chaque paroisse peuvent essayer de mettre quelque chose en œuvre, et partager son expérience avec les autres par l’intermédiaire du site du synode par exemple (www.synoderouen.com).

 

[1] Ne sont reprises ici, dans un but pratique, que les orientations concernant directement les communautés et les paroisses. On aura soin, pour chacune des questions évoquées, d’approfondir en consultant les Orientations synodales.

La mise en place de serviteurs de communauté est l’une des décisions issue du synode de
Rouen. Celui-ci, ouvert le 25 octobre 2009, s’est achevé le 24 mai 2010. Mgr Jean-Charles Descubes,
le 24 octobre 2010, promulguait les Orientations synodales intégrant la quasi-totalité des décisions
adoptées par l’assemblée synodale le 1er mai 2010.
Parmi celles-ci, la possibilité de nommer des serviteurs de communauté. Cette nouvelle
mission confiée à des laïcs peut être considérée, indique le décret de promulgation, comme un
ministère reconnu. Les trois premiers ont été reconnus par Mgr Descubes le 20 novembre dernier pour
la paroisse Saint-Jacques de Mont-Saint-Aignan.
Le serviteur de la communauté est nommé avec un mandat de trois ans (renouvelable).
Une consultation discrète du conseil paroissial, voire de la communauté, peut être opportune, afin de
vérifier son aptitude à servir la communion de la communauté et de la communauté avec la paroisse.
Il fait partie de l’équipe pastorale de la paroisse.
Il est présenté à la communauté et reconnu par le curé au cours d’une célébration présidée
par l’archevêque ou le vicaire épiscopal.
Sa place dans l’organisation de la paroisse : le curé qui a la charge pastorale de la paroisse
(qui comprend plusieurs communautés) exerce sa charge en étroite collaboration avec une équipe
pastorale composée des ministres ordonnés (prêtres et diacres nommés au service de la paroisse),
des serviteurs des communautés, et du responsable de la pastorale de jeunes.
Les communautés locales qui composent la paroisse peuvent être :
– géographiques (un quartier en ville, ou des communes voisines)
– socioculturelles (par mentalité par exemple)
– instituées (établissement catholique d’enseignement, aumônerie d’établissement hospitalier etc…)
– associatives (autour d’une même sensibilité religieuse, d’un projet spirituel, éducatif ou caritatif
etc…)
Les communautés locales sont le lieu où la vie se partage concrètement dans la fraternité et la
solidarité. Elles permettent une participation active aux événements qui marquent la vie des
personnes, une présence aux malades et aux plus démunis, aux nouveaux venus, elles permettent
une proximité visible de l’Eglise.

Plus d’un an après la clôture du synode dans le diocèse de Rouen, Mgr Jean-Charles Descubes insiste sur la communion dans l’Église en Seine-Maritime par delà les habitudes et les sensibilités, pour sortir de « l’hyper individuation » qui caractérise notre société contemporaine. Il n’y a plus « ma messe, mon église, ma paroisse, mon curé » mais un Évangile à servir et à proclamer dans une société pluraliste. État des lieux après cet appel à la conversion, actualité du diocèse et réflexion avec Mgr Descubes alors que l’Église entre dans le temps de l’Avent.
Emission du 25/11/2011