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Date : sam. 28 mai 2011 00:24:55
Sujet : Faut-il être athée pour croire?
Bonjour à tous,
Le thème du café théologique du mercredi 1er juin 2011 qui aura lieu de 17h30 à 19h au café Saint-Saens 120 rue Général Leclerc à Rouen, sera:
"Faut-il être athée pour croire?"
La question est bien sûr volontairement paradoxale. La foi s’oppose à l’athéisme, et vice-versa. Chacune des deux attitudes conserve un passif vis-à-vis de l’autre, dont elle a de bonnes raisons de penser qu’elle le justifie dans le bien-fondé de son positionnement. Le croyant imagine volontiers l’athée comme pourfendeur des raisons du cœur, par exemple, et l’athée pense peut-être que le croyant est victime d’illusions dont une saine pédagogie mentale l’a préservé. Chacune des deux attitudes a besoin de l’autre pour se définir.
Eh bien, justement. D’abord, il faudrait sans doute éviter de placer les deux postures sur le même plan, celui des grands choix de vie. Il y a des fois, et des athéismes, qui ne se laissent pas enfermer forcément dans un même moule (Camus et Staline sont tous deux athées…) Et puis, que la foi ait besoin de l’athéisme pour trouver (au moins en partie) sa juste place comme option humaine fondamentale, cela est au cœur du débat. Pourquoi croire ? Quand on croit, n’est-on pas facilement manipulable ? La raison ne se laisse pas si facilement mener par le nez, elle demande des raisons, elle soupèse les arguments. La foi a-t-elle toujours historiquement été du côté de l’accueil de la différence et du respect des faiblesses d’autrui ? Bref, la foi n’aurait-elle pas besoin d’une dose d’athéisme, au moins pour se débarrasser des illusions et des projections qui l’encombrent ?
Par ailleurs, l’image du Dieu auquel croit la foi n’aurait-elle pas besoin que celle-ci devienne athée de constructions anthropomorphisantes toujours présentes ? L’athée n’a-t-il pas quelquefois raison de refuser de croire en tel Dieu violent, ou paternaliste, ou sentimental ? Ces questions sont urgentes pour quiconque veut proposer la foi dans la société d’aujourd’hui, face à des générations assoiffées d’absolu, et que les représentations édulcorées, fusionnelles ou punitives de Dieu rebutent.
Nous nous retrouverons pour débattre de ces questions, et d’autres !
Merci de votre attention.
Amicalement,
Le modérateur
Le thème du café théologique du mercredi 1er juin 2011 qui aura lieu de 17h30 à 19h au café Saint-Saens 120 rue Général Leclerc à Rouen, sera:
"Faut-il être athée pour croire?"
La question est bien sûr volontairement paradoxale. La foi s’oppose à l’athéisme, et vice-versa. Chacune des deux attitudes conserve un passif vis-à-vis de l’autre, dont elle a de bonnes raisons de penser qu’elle le justifie dans le bien-fondé de son positionnement. Le croyant imagine volontiers l’athée comme pourfendeur des raisons du cœur, par exemple, et l’athée pense peut-être que le croyant est victime d’illusions dont une saine pédagogie mentale l’a préservé. Chacune des deux attitudes a besoin de l’autre pour se définir.
Eh bien, justement. D’abord, il faudrait sans doute éviter de placer les deux postures sur le même plan, celui des grands choix de vie. Il y a des fois, et des athéismes, qui ne se laissent pas enfermer forcément dans un même moule (Camus et Staline sont tous deux athées…) Et puis, que la foi ait besoin de l’athéisme pour trouver (au moins en partie) sa juste place comme option humaine fondamentale, cela est au cœur du débat. Pourquoi croire ? Quand on croit, n’est-on pas facilement manipulable ? La raison ne se laisse pas si facilement mener par le nez, elle demande des raisons, elle soupèse les arguments. La foi a-t-elle toujours historiquement été du côté de l’accueil de la différence et du respect des faiblesses d’autrui ? Bref, la foi n’aurait-elle pas besoin d’une dose d’athéisme, au moins pour se débarrasser des illusions et des projections qui l’encombrent ?
Par ailleurs, l’image du Dieu auquel croit la foi n’aurait-elle pas besoin que celle-ci devienne athée de constructions anthropomorphisantes toujours présentes ? L’athée n’a-t-il pas quelquefois raison de refuser de croire en tel Dieu violent, ou paternaliste, ou sentimental ? Ces questions sont urgentes pour quiconque veut proposer la foi dans la société d’aujourd’hui, face à des générations assoiffées d’absolu, et que les représentations édulcorées, fusionnelles ou punitives de Dieu rebutent.
Nous nous retrouverons pour débattre de ces questions, et d’autres !
Merci de votre attention.
Amicalement,
Le modérateur
Date : dim. 29 mai 2011 23:15:09
Sujet : Re: Faut-il être athée pour croire?
Voici un message reçu concernant le thème du café de mercredi:
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Bonjour,
Merci de me faire partager tes réflexions sur ce sujet intéressant.
J'aurais beaucoup de choses à dire, mais le temps me manque, et je te propose donc seulement 3 remarques.
1) Il ne me paraît pas bon d'opposer "croyant" et "athée". En effet, l'athée est aussi un croyant, il croit que Dieu n'existe pas, ce qui est très différent de ne pas croire que Dieu existe (attitude des gnostiques qui ne croient ni que Dieu existe, ni que Dieu n'existe pas, mais ne prennent pas position sur la question de l'existence de Dieu). L'attitude de ceux qui croient que Dieu n'existe pas n'est pas plus rationnelle que celle de ceux qui croient que Dieu existe.
Donc, il me semble préférable de parler de "ceux qui croient que Dieu existe" et "ceux qui croient que Dieu n'existe pas"; c'est malheureusement plus long, mais c'est nécessaire si on ne veut pas éviter des malentendus.
2) A la question "Pourquoi croire?", la réponse me semble être: parce qu'il y a des "motifs de crédibilité" qui ne sont pas des preuves mais qui paraissent suffisamment convaincants. La foi n'est pas déraisonnable, contrairement à ce que certains semblent penser.
3) Le véritable athée ne me semble pas être celui qui refuse une image de Dieu. Celui qui croit en Dieu véritablement, lui aussi, est convaincu que Dieu est au-delà de toutes les images qu'il peut s'en former; la Révélation à laquelle il adhère lui a donné des connaissances sur Dieu, mais elles ne lui permettent pas d'enfermer Dieu dans une image. Selon moi, le véritable athée pense qu'au-delà de toutes les images que l'être humain peut concevoir, il n'y a rien. Remarquer que l'athée véritable est absolument incapable d'apporter une réponse pertinente à la question de base de la philo: "pourquoi y a-t-il quelque chose et pas rien?"
Amitiés.
Daniel.
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Bonjour,
Merci de me faire partager tes réflexions sur ce sujet intéressant.
J'aurais beaucoup de choses à dire, mais le temps me manque, et je te propose donc seulement 3 remarques.
1) Il ne me paraît pas bon d'opposer "croyant" et "athée". En effet, l'athée est aussi un croyant, il croit que Dieu n'existe pas, ce qui est très différent de ne pas croire que Dieu existe (attitude des gnostiques qui ne croient ni que Dieu existe, ni que Dieu n'existe pas, mais ne prennent pas position sur la question de l'existence de Dieu). L'attitude de ceux qui croient que Dieu n'existe pas n'est pas plus rationnelle que celle de ceux qui croient que Dieu existe.
Donc, il me semble préférable de parler de "ceux qui croient que Dieu existe" et "ceux qui croient que Dieu n'existe pas"; c'est malheureusement plus long, mais c'est nécessaire si on ne veut pas éviter des malentendus.
2) A la question "Pourquoi croire?", la réponse me semble être: parce qu'il y a des "motifs de crédibilité" qui ne sont pas des preuves mais qui paraissent suffisamment convaincants. La foi n'est pas déraisonnable, contrairement à ce que certains semblent penser.
3) Le véritable athée ne me semble pas être celui qui refuse une image de Dieu. Celui qui croit en Dieu véritablement, lui aussi, est convaincu que Dieu est au-delà de toutes les images qu'il peut s'en former; la Révélation à laquelle il adhère lui a donné des connaissances sur Dieu, mais elles ne lui permettent pas d'enfermer Dieu dans une image. Selon moi, le véritable athée pense qu'au-delà de toutes les images que l'être humain peut concevoir, il n'y a rien. Remarquer que l'athée véritable est absolument incapable d'apporter une réponse pertinente à la question de base de la philo: "pourquoi y a-t-il quelque chose et pas rien?"
Amitiés.
Daniel.
Date : dim. 29 mai 2011 23:17:12
Sujet : Re: Faut-il être athée pour croire?
Un autre message sur le thème du café de mercredi:
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Au fond, par derrière ne se profilerait-il pas la question du vrai Dieu? Cela me fait penser à la phrase du Christ": Qui me voit voit mon Père". Ce vrai Dieu, pleinement Dieu et pleinement homme, qu'Il est venu révéler et cela l' a conduit à la mort et à sa suite plein d'autres chrétiens connaîtront la mort parce qu'étant athée (accusation classique contre les premiers chrétiens) en ce sens qu'ils rejettent un "Dieu violent, ou paternaliste, ou sentimental" ou autre caricature... comme tu l'as si bien dit à la fin de ton mail, ils font confiance (= l'un des sens de credere en latin ) et croient en la Résurrection.
C'est une première réaction, lancée comme cela, de ma part.
Je ne pourrai pas venir mais penserai à vous,
Cordialement,
Françoise
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Au fond, par derrière ne se profilerait-il pas la question du vrai Dieu? Cela me fait penser à la phrase du Christ": Qui me voit voit mon Père". Ce vrai Dieu, pleinement Dieu et pleinement homme, qu'Il est venu révéler et cela l' a conduit à la mort et à sa suite plein d'autres chrétiens connaîtront la mort parce qu'étant athée (accusation classique contre les premiers chrétiens) en ce sens qu'ils rejettent un "Dieu violent, ou paternaliste, ou sentimental" ou autre caricature... comme tu l'as si bien dit à la fin de ton mail, ils font confiance (= l'un des sens de credere en latin ) et croient en la Résurrection.
C'est une première réaction, lancée comme cela, de ma part.
Je ne pourrai pas venir mais penserai à vous,
Cordialement,
Françoise
Date : mer. 6 juillet 2011 14:46:11
Sujet : Re: Faut-il être athée pour croire?
Bonjour,
je n'ai pas encore eu le plaisir de participer aux cafés Théo, pour la bonne raison que je suis un re-converti récent ... c'est-à-dire un jeune adulte ayant eu la chance de grandir dans une famille chrétienne, mais qui a abandonné sa foi sur les chemins de l'adolescence, est devenu "athée" en un sens, et redécouvre aujourd'hui la merveille du don que Dieu nous fait !
Alors à la question "faut-il être athée pour croire ?", je peux répondre de mon expérience personnelle ceci :
tout d'abord, il faut bien s'entendre sur ce qu'est croire pour un croyant : ce n'est pas "croire que" Dieu existe, mais "croire en", c'est-à-dire "mettre sa confiance en", ou "être de tout coeur avec" (pour ceux qui ont des enfants, lorsque vous les encouragez et leur dîtes que vous croyez en eux, ce n'est pas d'une supposition forte que vous parlez (=croire que), mais d'amour et de présence avec eux (= croire en)).
Dès lors que ce point est acquis, la question de savoir si Dieu existe ou pas n'a pas besoin d'être résolue pour croire en lui. C'est pour cela qu'il s'agit bien d'un acte de foi, d'un acte qui nous engage, et non pas d'un simple pronostic comme lorsque l'on "croit qu'une" équipe de foot va gagner ou non un championnat. Croire en Dieu n'est donc pas une vue de l'esprit, mais un engagement de la volonté, qui peut donc aussi bien être fait par quelqu'un qui ne croit pas "que" Dieu existe ...
Est-ce paradoxal ? Non, et je l'ai vécu moi-même.
J'ai passé les quinze premières années de ma vie avec des certitudes sur Dieu, persuadé de tout savoir sur lui, et donc avec un "je sais que Dieu existe", qui est devenu avec l'adolescence et les remises en question de l'âge un "je crois que Dieu existe", qui au bout du compte se révélait tout aussi valable qu'un "je crois que Dieu n'existe pas", car on peut aussi bien essayer de démontrer l'un ou l'autre ! Et puis quelle simplicité de se fondre dans le moule d'une société qui nie Dieu (plutôt que d'essayer de défendre une position attaquable de tout côté).
C'est ainsi que j'ai adhéré à l'idéologie dominante : toute société passerait d'un stade primitif (superstitieux) à un stade intermédiaire (monothéiste) avant d'arriver enfin à l'âge de raison (âge scientifique), et je ne pouvais que me féliciter d'être entré dans l'âge adulte, qui fait que l'Homme s'affranchit de toute superstition et croyance pour ne mettre sa foi (croire en) qu'en lui-même ... et avec Nietzsche, j'ai relativisé toutes les croyances et cherché à me construire sur moi-même, avec mes propres valeurs ... vanité des vanités, lorsque nous nous érigeons en mesure de toute chose (idéal humaniste porté aux nues par les plus grands penseurs), nous nions toute commune mesure avec autrui, et donc toute possibilité de communiquer (encore moins de communier) ... l'affirmation de soi est toujours négation d'autrui, mais nous n'en sommes pas toujours conscients !
J'ai donc été à moi-même un absolu, qui cherchait à "se construire" sur les sciences, les arts, la philosophie, etc, sans trouver jamais de satisfaction dans ce que je trouvais, cherchant toujours plus loin, imaginant des secrets préservés par une élite qu'il faudrait rejoindre en suivant quelque initiation ...
Et puis Il est arrivé. Comme un voleur, à l'heure où je ne L'attendais pas, ne Le cherchais pas, Il est venu, m'a porté sur Ses épaules comme la brebis égarée et m'a ramené chez Lui. M'a serré dans ses bras comme l'enfant prodigue et m'a pardonné mes égarements.
Vous dire comment et par quels chemins Il m'a sorti de là, ce serait difficile et pourtant il me semble nécessaire de préciser certaines choses.
Ma tête ne croyait pas "que" Dieu existait, mais mon âme croyait "en" lui, ou pour être plus précis (et cela change tout en l'occurrence) l'Esprit continuait en moi à croire et à travailler, à mon insu, à me ramener vers lui. Et lorsque j'ai ouvert les yeux sur mes égarements, j'ai cru que je ne serais jamais assez fort pour me sortir de mes erreurs, mais c'était sans compter sur Lui, qui est notre force et notre volonté. J'ai recommencé à prier sans plus savoir comment prier, alors je Lui ai demandé de prier en moi à ma place, de savoir à ma place quoi Lui demander, et de substituer Sa volonté à la mienne ("que ta volonté soit faite" "non pas comme je veux, mais comme tu veux").
Aujourd'hui j'ai compris que la volonté a toujours été sienne, la volonté est à Dieu car elle la force qui fait avancer, nous ne pouvons qu'avoir des intentions (bonnes ou mauvaises) qui ne sont que le déclencheur de notre action (cf un petit encart très pertinent dans le dernier "l'1-visible").
Le Christ m'a ramené à Lui aussi par l'intermédiaire de nombreuses rencontres, de personnes qui, à leur insu, ont servi ses desseins ... Sa volonté peut se faire sans que nous le sachions, nous sommes alors réellement ses instruments ...
Mais dans tout ça, vous ne voyez plus le sens de mon apport à la question "faut-il être athée pour croire ?"
Connaissez-vous (bien sûr que oui) la parabole du semeur ? "Si le grain ne meurt ..."
Dans mon cas, "gentil petit catho" étant enfant, je crois aujourd'hui pleinement "en Dieu", parce que le grain (sa Parole) qui avait été semé est mort en moi, a pu germer, et porter maintenant des fruits que je n'attendais plus.
J'étais mort et Il m'a ramené à la Vie, parce qu'Il a traversé notre mort et peux donc nous y rechercher.
"Faut-il être athée pour croire ?"
Croire n'est pas le fruit de notre volonté mais de la sienne, c'est un don qui vient de l'Esprit Saint (Jésus disait à Pierre que ce n'était pas la chair qui lui faisait dire qu'Il était le fils de Dieu, mais l'Esprit Saint).
Pour qui le Christ est-Il venu, pourquoi est Il mort ? Pour les pécheurs, pour racheter leurs péchés.
Pour les athées, ceux qui ne veulent pas croire en Lui, ceux qui ne veulent que se servir des dons que Dieu fait pour leur propre profit (l'enfant prodigue), ceux qui pensent pouvoir avancer seuls sur le chemin et finissent par se perdre (la brebis égarée).
"Faut-il être athée pour croire ?"
ou
"Faut-il être perdu pour que le Christ vienne nous prendre par la main et nous donne sa force et son Esprit pour croire et être sauvé ?"
Je "crois que" la réponse est dans la question ...
je n'ai pas encore eu le plaisir de participer aux cafés Théo, pour la bonne raison que je suis un re-converti récent ... c'est-à-dire un jeune adulte ayant eu la chance de grandir dans une famille chrétienne, mais qui a abandonné sa foi sur les chemins de l'adolescence, est devenu "athée" en un sens, et redécouvre aujourd'hui la merveille du don que Dieu nous fait !
Alors à la question "faut-il être athée pour croire ?", je peux répondre de mon expérience personnelle ceci :
tout d'abord, il faut bien s'entendre sur ce qu'est croire pour un croyant : ce n'est pas "croire que" Dieu existe, mais "croire en", c'est-à-dire "mettre sa confiance en", ou "être de tout coeur avec" (pour ceux qui ont des enfants, lorsque vous les encouragez et leur dîtes que vous croyez en eux, ce n'est pas d'une supposition forte que vous parlez (=croire que), mais d'amour et de présence avec eux (= croire en)).
Dès lors que ce point est acquis, la question de savoir si Dieu existe ou pas n'a pas besoin d'être résolue pour croire en lui. C'est pour cela qu'il s'agit bien d'un acte de foi, d'un acte qui nous engage, et non pas d'un simple pronostic comme lorsque l'on "croit qu'une" équipe de foot va gagner ou non un championnat. Croire en Dieu n'est donc pas une vue de l'esprit, mais un engagement de la volonté, qui peut donc aussi bien être fait par quelqu'un qui ne croit pas "que" Dieu existe ...
Est-ce paradoxal ? Non, et je l'ai vécu moi-même.
J'ai passé les quinze premières années de ma vie avec des certitudes sur Dieu, persuadé de tout savoir sur lui, et donc avec un "je sais que Dieu existe", qui est devenu avec l'adolescence et les remises en question de l'âge un "je crois que Dieu existe", qui au bout du compte se révélait tout aussi valable qu'un "je crois que Dieu n'existe pas", car on peut aussi bien essayer de démontrer l'un ou l'autre ! Et puis quelle simplicité de se fondre dans le moule d'une société qui nie Dieu (plutôt que d'essayer de défendre une position attaquable de tout côté).
C'est ainsi que j'ai adhéré à l'idéologie dominante : toute société passerait d'un stade primitif (superstitieux) à un stade intermédiaire (monothéiste) avant d'arriver enfin à l'âge de raison (âge scientifique), et je ne pouvais que me féliciter d'être entré dans l'âge adulte, qui fait que l'Homme s'affranchit de toute superstition et croyance pour ne mettre sa foi (croire en) qu'en lui-même ... et avec Nietzsche, j'ai relativisé toutes les croyances et cherché à me construire sur moi-même, avec mes propres valeurs ... vanité des vanités, lorsque nous nous érigeons en mesure de toute chose (idéal humaniste porté aux nues par les plus grands penseurs), nous nions toute commune mesure avec autrui, et donc toute possibilité de communiquer (encore moins de communier) ... l'affirmation de soi est toujours négation d'autrui, mais nous n'en sommes pas toujours conscients !
J'ai donc été à moi-même un absolu, qui cherchait à "se construire" sur les sciences, les arts, la philosophie, etc, sans trouver jamais de satisfaction dans ce que je trouvais, cherchant toujours plus loin, imaginant des secrets préservés par une élite qu'il faudrait rejoindre en suivant quelque initiation ...
Et puis Il est arrivé. Comme un voleur, à l'heure où je ne L'attendais pas, ne Le cherchais pas, Il est venu, m'a porté sur Ses épaules comme la brebis égarée et m'a ramené chez Lui. M'a serré dans ses bras comme l'enfant prodigue et m'a pardonné mes égarements.
Vous dire comment et par quels chemins Il m'a sorti de là, ce serait difficile et pourtant il me semble nécessaire de préciser certaines choses.
Ma tête ne croyait pas "que" Dieu existait, mais mon âme croyait "en" lui, ou pour être plus précis (et cela change tout en l'occurrence) l'Esprit continuait en moi à croire et à travailler, à mon insu, à me ramener vers lui. Et lorsque j'ai ouvert les yeux sur mes égarements, j'ai cru que je ne serais jamais assez fort pour me sortir de mes erreurs, mais c'était sans compter sur Lui, qui est notre force et notre volonté. J'ai recommencé à prier sans plus savoir comment prier, alors je Lui ai demandé de prier en moi à ma place, de savoir à ma place quoi Lui demander, et de substituer Sa volonté à la mienne ("que ta volonté soit faite" "non pas comme je veux, mais comme tu veux").
Aujourd'hui j'ai compris que la volonté a toujours été sienne, la volonté est à Dieu car elle la force qui fait avancer, nous ne pouvons qu'avoir des intentions (bonnes ou mauvaises) qui ne sont que le déclencheur de notre action (cf un petit encart très pertinent dans le dernier "l'1-visible").
Le Christ m'a ramené à Lui aussi par l'intermédiaire de nombreuses rencontres, de personnes qui, à leur insu, ont servi ses desseins ... Sa volonté peut se faire sans que nous le sachions, nous sommes alors réellement ses instruments ...
Mais dans tout ça, vous ne voyez plus le sens de mon apport à la question "faut-il être athée pour croire ?"
Connaissez-vous (bien sûr que oui) la parabole du semeur ? "Si le grain ne meurt ..."
Dans mon cas, "gentil petit catho" étant enfant, je crois aujourd'hui pleinement "en Dieu", parce que le grain (sa Parole) qui avait été semé est mort en moi, a pu germer, et porter maintenant des fruits que je n'attendais plus.
J'étais mort et Il m'a ramené à la Vie, parce qu'Il a traversé notre mort et peux donc nous y rechercher.
"Faut-il être athée pour croire ?"
Croire n'est pas le fruit de notre volonté mais de la sienne, c'est un don qui vient de l'Esprit Saint (Jésus disait à Pierre que ce n'était pas la chair qui lui faisait dire qu'Il était le fils de Dieu, mais l'Esprit Saint).
Pour qui le Christ est-Il venu, pourquoi est Il mort ? Pour les pécheurs, pour racheter leurs péchés.
Pour les athées, ceux qui ne veulent pas croire en Lui, ceux qui ne veulent que se servir des dons que Dieu fait pour leur propre profit (l'enfant prodigue), ceux qui pensent pouvoir avancer seuls sur le chemin et finissent par se perdre (la brebis égarée).
"Faut-il être athée pour croire ?"
ou
"Faut-il être perdu pour que le Christ vienne nous prendre par la main et nous donne sa force et son Esprit pour croire et être sauvé ?"
Je "crois que" la réponse est dans la question ...
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