Prise de possession canonique de Mgr Dominique Lebrun

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PRISE DE POSSESSION CANONIQUE DE MGR DOMINIQUE LEBRUN

9 octobre 2015 – 17h – Chapelle d’Aubigné de l’archevêché

La prise de possession canonique (conforme à l’organisation  de l’Eglise catholique) est l’acte par lequel Mgr Dominique Lebrun prend officiellement possession du siège archiépiscopal et métropolitain de Rouen, succédant ainsi à Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque émérite de Rouen. Mgr Dominique Lebrun devient ce 9 octobre 2015 le 108e archevêque de Rouen.

La prise de possession canonique requiert la présence du Collège des Consulteurs et du Chancelier du diocèse de Rouen.

Le Collège des Consulteurs a été nommé le 1er juillet 2011 et est composé de 6 prêtres. L’archevêque est tenu de le consulter pour les affaires importantes et certaines nominations, l’économe diocésain par exemple. C’est à lui que le nouvel archevêque doit présenter la Lettre apostolique qui le nomme archevêque de Rouen.

Le Chancelier est chargé de l’établissement et de la conservation des archives et de tous les actes importants du diocèse, entre autres les actes de catholicité (baptême, confirmation, mariage). Le Chancelier procédera à l’établissement du procès-verbal de la prise de possession canonique. Le Chancelier du diocèse de Rouen est Mgr Jacques Bourg depuis 1972.

DÉROULÉ DE LA PRISE POSSESSION CANONIQUE

 Avec la participation de la Maîtrise & Chœurs Saint-Evode (direction : Loïc Barrois, maître de chapelle).

 ● Accueil : Mgr Jean-Charles Descubes, administrateur apostolique du diocèse de Rouen.

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● Prière à l’Esprit Saint : Veni creator  (Marc-Antoine Charpentier).

● Prière d’ouverture : Messe pour une Eglise particulière.

● Présentation de la Lettre apostolique :

-Introduction (père Jean de Blangermont, doyen du Collège des Consulteurs).

-Présentation de la Lettre apostolique : Mgr Dominique Lebrun présente la Lettre apostolique au Collège des Consulteurs.

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-Lecture de la Lettre apostolique.

-Signature du procèsverbal (Mgr Jacques Bourg, chancelier).

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● Lecture : dans la première lettre de saint Paul, apôtre à Timothée (4, 12-16).

● Psaume : Psaume 22 (répons : Il est l’Agneau et le Pasteur de Jacques Berthier).

● Intervention de Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen.

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● Prière d’intercession :

-Invocation : Seigneur, écoute-nous, Seigneur, exauce-nous.

-Conclusion : Notre Père (récité).

● Chant à la Vierge Marie : Je vous salue Marie (harmonisation Lionel Coulon)

 

bénédiction

 

TRADUCTION DE LA LETTRE APOSTOLIQUE

 

« François, évêque, Serviteur des Serviteurs de Dieu, à notre cher frère Dominique Lebrun, jusqu’alors évêque du diocèse de Saint-Etienne, transféré au siège métropolitain de Rouen, salut et bénédiction apostolique.

 

Pasteur souverain de tout le troupeau du Seigneur, il est de notre grave devoir, entre autres choses, de pourvoir d’une manière appropriée aux besoins de l’antique et célèbre Eglise métropolitaine de Rouen, demeurée vacante suite à la renonciation de Son Excellence Monseigneur Jean-Charles Descubes.

 

Cher frère, après consultation de la Congrégation pour les Evêques, tu sembles apte à conduire cette Eglise, en raison de tes qualités déjà éprouvées et de ton expertise dans le domaine pastoral. Aussi, par notre pouvoir apostolique souverain, nous te nommons archevêque métropolitain de Rouen, avec tous les droits et les devoirs afférents, ton lien avec le diocèse de Saint Etienne étant dissous.

 

Nous te demandons que cette Lettre soit lue au clergé et au peuple du diocèse de Rouen. Nous les exhortons à te recevoir dans la joie, à te considérer de la manière qui t’est due.

Enfin, cher frère, nous demandons pour toi les dons du Saint-Esprit, la lumière des cœurs ; grâce à eux, tu sauras paître les fidèles qui te sont confiés, dans une charité généreuse et bienveillante, par l’exemple d’une vie sainte plus encore que par des paroles.

 

Que la paix du Christ, avec l’aide de Notre Dame de Lourdes, soit toujours avec toi et avec cette chère communauté de l’Eglise qui vit en France.

 

Donné à Rome, près de Saint Pierre, le dix juillet de l’an du Seigneur 2015, en la troisième année de notre pontificat.

 

Signée : François

 

Leonardo Sapienza, protonotaire apostolique. »

 

Archevêque : évêque placé à la tête d’une province ecclésiastique (15 provinces en France métropolitaine). L’archevêque de Rouen est à la tête de la province ecclésiastique de Normandie qui comprend les diocèses de Bayeux et Lisieux (évêque : Mgr Jean-Claude Boulanger), Coutances et Avranches (évêque : Mgr Laurent Le Boulc’h), Séez (évêque : Mgr Jacques Habert), Evreux (évêque : Mgr Christian Nourrichard), Le Havre (évêque : Mgr Jean-Luc Brunin) et Rouen.

Photos J.Félix ymage 134

 

Discours de Mgr Jean-Charles Descubes, administrateur apostolique du diocèse de Rouen aux autorités, civiles, militaires, judiciaires et religieuses – Salle des Etats de l’archevêché – 9 octobre

 

JC DESCUBESMonsieur le Préfet,

Monsieur le Maire,

Monsieur le Président de la métropole, Rouen Normandie,

Mesdames et Messieurs les Représentants des autorités civiles, judiciaires et militaires,

Chers amis du Comité interconfessionnel rouennais,

Mesdames, Messieurs, chers amis,

Avant de céder la parole à Mgr Dominique Lebrun, votre nouvel archevêque, je tiens à vous remercier d’avoir répondu si nombreux à notre invitation à l’occasion de cette cérémonie de Prise de possession canonique.

Je suis heureux de vous accueillir en ce lieu qui, avant d’être désigné comme la Résidence des Archevêques, est considéré comme un domus ecclesiae, la maison de l’Église réunissant depuis le IV° siècle, c’est-à-dire depuis les origine de l’Église chrétienne à Rouen, l’Église cathédrale, la résidence de l’évêque, une école, aujourd’hui la Maîtrise Saint Évode, et un hospice qui s’est déplacé à l’ouverture de l’hôtel Dieu, l’actuelle préfecture.

A la suite de mes prédécesseurs, grâce au dévouement et à la compétence des personnels salariés et bénévoles de la cathédrale et de l’archevêché, et en étroite collaboration avec les directeurs des Affaires culturelles, les conservateurs et les architectes en chef des monuments historiques, j’ai eu à cœur de préserver et d’embellir cet ensemble dont Madame de la Comté me disait, en me le confiant, qu’il devait être discret et non pas secret.

Après avoir remercié le samedi 26 septembre pour ce que la grâce de Dieu m’a donné d’accomplir dans le diocèse avec les catholiques et bien des hommes de bonne volonté, cette réception m’est aussi l’occasion de souligner la qualité des relations nouées avec les autorités de la région, du département, de la métropole et naturellement de la ville. Nous avons vécu une laïcité apaisée, garantie des libertés fondamentales, dans le respect de nos domaines de compétence et une considération réciproque. Des amitiés sont nouées.

Je garderai un semblable souvenir des liens avec les différents médias. Vous m’avez patiemment et cordialement écouté. Vous aviez droit de ne pas partager entièrement mes points de vus mais vous avez toujours respecté mes convictions et fait preuve d’une grande honnêteté en rapportant mes propos.

Le 1er janvier, Haute et Basse Normandie fusionneront en une unique région. Les géographes se plaisent à souligner que l’Église n’a pas attendue l’État. La province ecclésiastique de Normandie venait d’être en effet restaurée lors de ma nomination à Rouen. Je peux témoigner qu’il est possible de développer des projets communs et de respecter en même temps les identités et les cultures particulières. C‘est même une source de grande richesse.

Je reçois de l’Évangile, ce message de vie, de liberté et d’amour qui me tient à cœur et dont j’ai essayé de témoigner parmi vous, que l’épanouissement personnel et les réussites communautaires et collectives sont proportionnels. La paix sociale comme celle que nous souhaitons entre les peuples sont à ce prix.

Vous savez mon attachement à la région qui m’a nu naître, grandir et exercer mes premiers ministère, et je n’oublie pas le Lot et Garonne que j’ai quitté en 2004 pour venir chez vous. Vous m’avez fait aimer la Normandie et surtout les Normands dont je me plais à dire que s’ils descendent de Vikings, ils ne sont pas pour autant des sauvages.

Mon cher Dominique, tu le découvriras rapidement si ce n’est déjà fait.

Je vous remercie.

 

Discours de Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen,

aux autorités, civiles, militaires, judiciaires et religieuses

Salle des Etats de l’archevêché – 9 octobre

 

5 salle des etatsMonsieur le Préfet représenté par son directeur de cabinet,

Mesdames et messieurs les élus, parlementaires et élus des collectivités territoriales,

Mesdames et messieurs représentants les corps constitués, les chambres consulaires, représentants du monde de la culture, du monde judiciaire, militaire, du monde de la santé, du monde économique …

Je salue bien sûr les représentants de la communauté musulmane, nos frères et sœurs de la communauté orthodoxe et de l’Eglise protestante unie et de la communauté israélite.

Monsieur le Maire,

 

Depuis ma nomination, les souvenirs d’enfance remontent à la surface. Ce sont des souvenirs de quartier de la place Beauvoisine, avec les premiers tours de roue en bicyclette, l’arrivée du téléphone et de la télévision à la maison, les feux d’artifices, la fête foraine sur les boulevards – devais-je préciser le lieu ! –, les fêtes Jeanne d’Arc, les premières visites touristiques à Jumièges ou les séjours chez mon parrain à Pourville. Mon enfance heureuse me laisse des souvenirs heureux. J’arrive donc dans un climat intérieur de bonheur.

 

A Rouen, j’ai appris à lire, à écrire et à compter.

Permettez-moi d’espérer continuer cet apprentissage – après tout Rouen et sa région n’ont-ils pas une haute réputation culturelle ? Mgr Jean-Charles Descubes m’en a dit grand bien et, je crois, a l’intention de continuer d’en bénéficier même si sa nouvelle responsabilité à la fondation Rodhain le mènera souvent hors du département.

 

Lire. Il s’agit bien entendu de m’apprendre à lire la vie de nos contemporains ; il s’agit de m’aider à déchiffrer les signes des temps pour reprendre le langage du deuxième Concile du Vatican. Depuis que – c’est notre foi chrétienne – Dieu est entré dans le monde il y a 2000 ans, nous savons que le monde est un grand signe de Dieu, un chemin pour que s’établisse sa justice et sa paix. Pour cela, je serais heureux de vous entendre, de vous connaître, de lire avec vous ce qui fait votre territoire qui devient notre territoire, urbain et industriel, agricole et rural, maritime et côtier. L’actualité commune – celle de l’encyclique du Pape sur l’écologie, celle de la COP 21 – nous invite à veiller sur notre terre. Je le ferai avec vous pour la Seine-Maritime.

 

Ecrire. Une nouvelle page de mon existence commence. Le monde est un grand livre et chacun de ses habitants participent à l’écriture de l’aventure humaine. Il y a des pages de gloire – Jeanne d’Arc et Corneille –, il y a aussi des pages plus modestes ou plus sombres. A vrai dire, celle de Jeanne d’Arc, et sans doute celle de Corneille, peuvent nous apprendre que le mal et le bien ne sont jamais loin. En tous les cas, croyez bien que, pour moi, à la suite de mon maître Jésus, il n’y a personne qui soit mauvais. Ecrire, c’est prendre le temps de poser les choses pour les exprimer avec plus de justesse, j’espère plus de délicatesse. Je souhaite que nos échanges épistolaires mais aussi nos dialogues laissent des traces d’amitié et favorisent le vivre ensemble. Chacun d’entre vous a sa couleur pour son crayon. L’Eglise n’en a pas de spécifique sinon elle serait à part, et ce serait la réduire aux personnes consacrées. Peut-être sa mission est-elle de s’assurer que nous ayons assez d’encre, assez de souffle, et d’en donner.

 

Compter. C’est une opération que je n’aime pas beaucoup et à laquelle je résiste. Le nombre est parfois trompeur. La prière scoute, que j’ai souvent dite, demande la grâce pour « donner sans compter ».  Cependant, il y a les laissés-pour-compte, ceux pour qui le compte n’y est pas, le compte de la nourriture, de la protection sociale, du toit tout simplement, du travail, le compte de la patrie, le compte de l’amour. Dans ce domaine, vous savez que vous pouvez compter sur les communautés catholiques, pas seulement pour s’indigner mais aussi ou d’abord pour retrousser leurs manches. Je serai à leur côté, sans compter.

 

Votre présence en dit long sur vos relations avec le diocèse de Rouen et ses pasteurs, au premier rang desquels je tiens à saluer mon prédécesseur, Mgr Jean-Charles Descubes. Dans la presse locale, il a dit que, charentais, il était pudique. On peut cependant imaginer ce que représente la fin d’une telle mission. Jean-Charles, tu demeures évêque du diocèse de Rouen et je compte sur ta prière fraternelle, et aussi tes conseils que tu as commencé à me dispenser avec tact.

Soyez tous remerciés d’être présents ce soir et d’avoir participé à ce passage de témoin. Je compte aussi sur vous et vos conseils. Et, si vous le souhaitez, le diocèse sera heureux de votre présence dimanche dans la cathédrale après avoir couru 10 kms ou pas…

Bonne route à chacune, à chacun, dans sa mission…

 

Je vous remercie.

Discours de Monsieur Yvon Robert, maire de Rouen

Monseigneur Descubes, Monseigneur Lebrun

Mesdames et Messieurs les Elus

Mesdames et Messieurs

Chers amis

C’est à la fois un plaisir et un honneur pour le Maire de Rouen d’être présent cet après-midi à l’archevêché à l’occasion de la prise de possession canonique du nouvel archevêque de Rouen, et de partager avec vous toutes et vous tous ce temps fort de la vie du diocèse.

Nous sommes ici, les uns et les autres, les représentants des nombreuses institutions qui organisent la vie de notre société. Les religions font partie de ces institutions. La Laïcité de notre République garantit le respect de chacune des religions. Comme vous le savez, je participe régulièrement à des cérémonies de l’Eglise catholique, mais, profondément respectueux des différents cultes existants dans notre ville, je suis aussi présent à des cérémonies ou manifestations des religions protestante, juive et musulmane. Et je tiens à saluer les représentants des différents cultes, et à les remercier d’être avec nous aujourd’hui.

J’adresserai tout d’abord quelques paroles à l’attention de Monseigneur Descubes.

« Permettez-moi de vous dire, cher Monseigneur Descubes, combien l’émotion est présente chez moi à cet instant. Je veux en effet, en cette occasion, vous redire combien j’ai apprécié nos rencontres et nos discussions. J’ai trouvé en vous un homme très cultivé, particulièrement chaleureux, très ouvert et profondément attentif aux autres. Vous avez fait beaucoup pour l’archevêché de Rouen et je sais que vous êtes unanimement apprécié au sein de la Communauté Catholique de Rouen. Avec Frédéric SANCHEZ, Président de la Métropole, ainsi qu’avec Laurent FABIUS et Valérie FOURNEYRON, nous tenons particulièrement à vous remercier pour votre soutien attentif et déterminé à la mise en œuvre de l’’Historial Jeanne d’Arc au cœur de l’’ensemble archiépiscopal de notre ville. Au nom des Rouennaises et des Rouennais et de tous ceux qui sont venus dans cette salle des Etats, je veux vous témoigner notre profonde reconnaissance et notre gratitude pour les excellentes relations que nous avons su nouer ensemble et entretenir régulièrement. »

« Permettez-moi enfin un souvenir personnel. Mon épouse étant, comme vous, originaire de La Rochelle, j’ai eu l’occasion à la fin des années 1960 d’assister aux offices que vous célébriez comme vicaire de la Cathédrale de la Rochelle, et d’entendre parler de vous comme d’un jeune prêtre, qui compterait à l’avenir. J’ignorais bien sûr que nous nous retrouverions ainsi à Rouen quelques décennies plus tard. Comme vous allez rester Rouennais, ce dont je me réjouis, c’est bien volontiers que j’entretiendrai la relation amicale que nous avons nouée ces dernières années. »

Je me tourne vers vous, cher Monseigneur Lebrun, pour vous souhaiter la bienvenue à Rouen. Il s’agit là d’un « retour aux sources », comme le titrait il y a quelques semaines, le journal La Croix dans un portrait que ce quotidien vous a consacré. Rouen est en effet la ville où vous êtes né, et où vous avez fait vos premiers pas de jeune Chrétien, avec le Baptême, la première Communion et la Confirmation.

Je suis certain que vous prendrez beaucoup de plaisir à retrouver notre ville qui est désormais aussi la vôtre. Saint-Etienne, où vous êtes resté presque dix ans, et Rouen sont des villes très différentes. Mais elles ont sans aucun doute en commun « ce climat de dialogue avec la société » que vous avez voulu y créer comme vous le disiez dans l’article que je viens de citer. Telle était aussi la conviction de votre prédécesseur à Rouen.

Soyez assuré, en tous cas, que vous trouverez à Rouen, comme dans l’ensemble du diocèse, dans tous les domaines, des interlocuteurs disponibles.

Mesdames, Messieurs, je vous remercie de votre attention.