Solennité de saint Romain Dimanche 23 octobre 2016 – Cathédrale Notre-Dame de Rouen Remise du mérite diocésain

Solennité de saint Romain
Dimanche 23 octobre 2016 – Cathédrale Notre-Dame de Rouen
Remise du mérite diocésain

Monition d’ouverture

Bienvenue à vous qui êtes venus fêter saint Romain. Ses reliques nous ont précédés comme il nous précède dans la lumière de Dieu.

Bienvenue à vous qui êtes de passage, bienvenue surtout à vous qui êtes venus recevoir le mérite diocésain, bienvenue à vos proches des 12 paroisses concernées cette année :

  • Saint-Saëns de Saint-Saëns – Forêt d’Eawy
  • Saint-Michel de Eu sur Bresle et Yères
  • Saint-Ouen de Bacqueville – Vienne et Scie
  • Saint-Philibert de Duclair – Boucles de Seine
  • Saint Austreberthe de Pavilly – Austreberthe
  • Saint Paul de Quevilly – Couronne
  • Saint-Etienne de Saint-Etienne-du-Rouvray
  • Saint-Martin de Oissel
  • Saint-Sever – Saint-Clément de Rouen
  • Sainte-Marie des Nations de Bihorel – Hauts de Rouen
  • Saint Jean XXIII de Rouen Nord
  • Notre-Dame de Rouen Centre

Ensemble, avec joie, entrons dans la miséricorde du Seigneur.

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Lectures de la messe : Livre d’Ezékiel (34, 11-16) ; Psaume 22 ; Livre des Actes des Apôtres (20, 17-18a.28-32.36) ; Evangile selon saint Matthieu (24, 42-47)

Homélie

« Que dire du serviteur fidèle et sensé à qui le maître a confié la charge de sa maison, pour leur donner la nourriture en temps voulu ? », interroge Jésus (Mt 24, 45).

Qui est ce serviteur ? J’espère que ceux qui vont recevoir le mérite diocésain se reconnaissent, au moins un peu. « Fidèle et sensé », vous avez veillé sur votre maison commune, la maison de Dieu. Plusieurs de vos curés, sinon tous, m’ont écrit en disant de vous : « Il aime son église ou bien il aime l’Eglise ». A vrai dire, je l’ai lu le plus souvent au féminin : « Elle aime son église, elle aime l’Eglise ».

Vous l’avez aimée de multiples manières : en la gardant, la tenant propre et en bon état, la fleurissant, en faisant les comptes… vous l’avez aimée en participant à de nombreux services : liturgie, chant, funérailles, chorale, tenue de l’orgue, secrétariat, journal, accueil, écoute… vous l’avez aimée en étant aide-aux-prêtres, en participant à un mouvement ou bien à des repas pour les plus démunis. Et tout ce que vos prêtres n’ont pas su, n’ont pas vu.

En vérité, êtes-vous bien ce « serviteur fidèle et sensé ». Jésus s’approche de l’heure à laquelle il va rencontrer l’épreuve ultime. Il versera son sang pour que l’Eglise lui appartienne, selon l’expression de saint Paul : « l’Eglise de Dieu qu’il s’est acquise par son propre sang » (Ac 20, 28). N’est-ce pas Lui le Serviteur, d’abord et surtout ? Oui, le Père, « le maître de maison lui a confié la charge des gens de sa maison » (Mt 24, 45).

Jésus, le premier, sait qu’il n’agit pas pour lui-même mais pour le Père ; le Père lui fait confiance : Jésus le lui rend, en donnant sa vie.

Tel est le modèle de toute mission accomplie dans notre Eglise : nous n’agissons pas pour nous mais pour Dieu. Du moins, nous essayons. Ces missions sont parfois gratifiantes ou nous aident à ne pas rester isolés, et nous apportent autant que nous donnons. Accueillons ces bonus, si j’ose dire. Osons les dire et les partager, les vivre avec joie, en rendant grâce à Dieu.

Le Père confie à Jésus les gens de sa maison « pour leur donner la nourriture en temps voulu » (Mt 24, 45). Cette confiance a un but : nourrir. Jésus nous nourrit de sa Parole, de la présence de nos frères, de son corps livré présent dans l’Eucharistie.

Telle est aussi votre mission. Elle est pour les autres, elle est nourrissante pour vos proches, pour la communauté, parce qu’elle participe du Corps livré, du don de vous-mêmes. Dans quelques instants, je vous remettrai la médaille du mérite diocésain avant de célébrer l’Eucharistie. Déposez sur l’autel votre long et fidèle service de l’Eglise ; déposez la vie de ceux que vous avez servis. Vous rejoindrez la vraie manière d’aimer, celle de Jésus qui se consume dans le don, y compris dans la mort. Vous pouvez y laisser les anicroches qui ne manquent pas de jalonner les services paroissiaux.

Au fait, qu’est-ce qui fait que le Serviteur est juste. Jésus ne dit pas que le serviteur a réussi. Il ne dit pas que le maître le félicite parce qu’il a nourri des dizaines ou des centaines de personnes. Il dit : « Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! » (Mt 24, 46).

Frères et sœurs, notre mission est d’être serviteur, non de réussir. « Serviteurs », telle est la belle expression que la liturgie emploie souvent pour qualifier les baptisés. Etre serviteur jusqu’au bout ne veut pas dire « réussir, faire des choses » jusqu’au bout. Il faut, au contraire, remettre sa charge –ce qui est parfois un très grand service- mais garder l’esprit de service qui, petit à petit, se fait de plus en plus prière, de plus en plus offrande de sa vie, tout simplement. L’Eucharistie, chaque dimanche et, si l’on peut, aussi en semaine, est une belle école de ce service d’amour à la manière de Jésus.

Que saint Romain nous aide les uns et les autres à vivre en serviteur !

✠  Dominique  Lebrun

Archevêque de Rouen.

 

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