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Images de Pâques au Moyen Âge
et au début de la Renaissance
Au Musée départemental des Antiquités de Rouen
Deux Retables de la Passion du Christ

Porter sa croix,
Vivre un calvaire,
Pleurer comme une Madeleine,
Boire le calice jusqu’à la lie,
S’en laver les mains... : autant d’expressions populaires trouvant leur origine dans la passion de Jéssus-Christ. Pourtant, si nous savons identifier une Crucifixion, La plupart des images décrivant cette Passion nous sont devenues profondément étrangères. Elles nous choquent bien souvent par leur violence et leur cruauté car nous oublions que, pour les fidèles chrétiens qui les ont fait naître, elles manifestent avant tout l’amour de Dieu, et ne prennent sens qu’à la lumière de la Résurrection du Christ.
Les nombreuses œuvres du Musée des Antiquités illustrant le cycle pascal appartiennent pour la plupart au 15ème et au 16ème siècles.
Atelier normand (Rouen), 1520-1530
Musée des Antiquités, Rouen
Depuis 2001, la restauration du retable de la Passion a été confié à Fabienne Bois. Dans le but de déterminer les options de restauration les plus adaptées, la restauratrice a d’abord réalisé une étude détaillée de l’état de conservation de l’œuvre. Cet examen préalable a également permis de préciser l’origine, jusque là inconnue, du retable acquis sans indication de provenance par le musée, lors d’une vente publique en 1853.
Le retable de la Passion était traditionnellement attribué à la production du Brabant, important centre de production de retables ayant exporté ses productions vers toute l’Europe à la fin du Moyen Âge. Le rapprochement stylistique et iconographique avec le retables de Guernes et celui de Saint-Aubin de Crétot suggère toutefois une origine locale.
Le retable du Musée des Antiquités pourrait ainsi se rattacher à une école rouennaise du premier tiers du 16ème siècle, très féconde et encore peu connue, à la charnière du Moyen Âge, par le thème, la forme générale, et l’iconographie de la Renaissance, notamment par les mouvements amples et sinueux des personnages.
La restauration a pour objectif de révéler la polychromie d’origine, la couleur claire du bois, et mettre en valeur la finesse de la sculpture.
Iconographie
Dans une caisse en T inversé, les différentes scènes sculptées du retable illustrent le cycle de la Passion du Christ.
Il s’agit, de gauche à droite :
L’Arrestation du Christ au jardin des Oliviers
La Flagellation
Le Portement de Croix
La Mise au tombeau
dans la centrale haute, la Crucifixion






Eglise de Rouvray-Catillon (Seine-Maritime)
fin du XVème - début du XVIème siècle
Abâtre sculpté avec des traces de polychromie
Cet ensemble consacré à la Passion du Christ, a appartenu, selon toute vraisemblance, à un retable en trois parties, composé de cinq panneaux d’albâtre sculpté, auxquels étaient joints, aux deux extrémités, deux représentations de saints personnages. A tous ces reliefs devaient être joints des dais ajourés. L’ensemble devait être réuni dans une hucherie en bois qui n’a pas résisté au temps. Seuls les cinq reliefs centraux existent encore. Les deux figures de saints et les dais ont disparu.

Le baiser de Judas
La Flagellation
La Crucifixion
La Mise au tombeau
La Résurrection
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Les panneaux ont été sculptés d’après des modèles très fréquemment reproduits, selon une iconographie bien connue.
La polychromie, toujours très conventionnelle, est assez bien conservée. On reconnaît les zones colorées des fonds : les sols verts avec des fleurettes, en bas ; la zone intermédiaire, celle des sarcophages, dans la mise au tombeau et la Résurrection du Christ, rose moucheté et bleu ; la partie haute, dorée avec des pastilles de gesso. Les auréoles des différentes représentations du Christ sont bleues avec des efflorescences rouges. La croix de la Crucifixion a un décor de fleurettes sur fond bleu. Les visages des quatre bourreaux de la Flagellation sont gravés de moustaches et de sourcils noirs, leurs joues sont rougies afin de souligner leur brutalité.