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13e dimanche ordinaire - Année B

Commentaire de saint Ephrem

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Éphrem le Syrien, surnommé aussi « la Harpe de Dieu », provenance méridionale.

Commentaire de saint Éphrem sur l’Évangile de Marc

« LES foules t’entourent de tous côtés et te pressent, et tu dis Qui m’a touché ? » Simon indiquait à notre Seigneur que toute la foule le touchait, mais notre Seigneur indiqua à Simon qu’une seule parmi tous l’avait touché. Tous le touchaient à cause de la bousculade des foules : une seule, cependant, pressée de douleurs, l’avait réellement touché à cet instant. Simon avait voulu indiquer à notre Seigneur combien les gens le touchaient, mais notre Seigneur montra à Simon la foi qui l’avait touché.

Beaucoup le touchaient ; remarque pourtant qu’il fut nécessaire de rechercher parmi beaucoup la seule qui avait réellement touché. Si donc tous le touchaient, et si parmi tous on en rechercha une, il est clair qu’il connaissait tous ceux qui le pressaient, puisque pas même une seule femme n’a pu lui être cachée. Et comme tous indistinctement s’approchaient de lui et le touchaient, et que du regard il en recherchait une seule parmi tous, il est clair qu’il les connaissait tous comme celle-ci, puisqu’il avait pu distinguer celle que rien ne distinguait des autres.

Beaucoup le touchaient à ce moment, mais comme un homme ; on chercha celle qui l’avait touché comme Dieu, pour dénoncer et réprimander ceux qui le touchaient comme un homme. Il sépara de tous une seule femme qui l’avait touché avec tous, afin d’enseigner à tous, par un seul mot, qu’ il savait pourquoi et comment chacun le touchait. Celui donc qui s’approchait de lui corporellement éprouvait un contact corporel, et celui qui s’approchait spirituellement touchait, à travers l’humanité palpable, la divinité impalpable. Celui qui s’approchait de lui comme d’un homme, entrait en contact avec son humanité, et celui qui s’approchait de lui comme de Dieu, trouvait des trésors de guérison pour ses douleurs.

Pourquoi le Seigneur a-t-il dit : Qui m’a touché ? C’était afin que celle qui avait perçu sa guérison sût que le Seigneur connaissait sa foi. Par sa santé retrouvée, elle sut qu’il était le médecin de tous, et par sa question elle reconnut qu’il était celui qui scrute tout : Mais comme elle avait vu que cela même, dit l’évangéliste, ne lui était pas caché, elle pensait en elle-même qu’il était impossible que rien lui fût caché. Aussi notre Seigneur lui montra-t-il que rien ne lui était caché, afin qu’elle ne le quittât pas déçue. Elle avait appris que le Seigneur guérissait les plaies visibles ; elle apprit en outre qu’il était conscient des choses cachées.

Saint Ephrem, Diatessaron 7, 3-5.9. Sources Chrétiennes, Cerf, n°121