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15e dimanche du Temps Ordinaire - Année B

Commentaire de saint Bonaventure sur saint Luc

Je veux paraître devant toi, Seigneur, et me rassasier de ta présence.


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Le Perugin, Scènes de la vie du Christ. 1500-1505. Art Institute of Chicago.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc : 6, 7-13 Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux...

LES apôtres ont été envoyés pour prêcher, non pas une petite chose, mais une grande chose, à savoir le royaume de Dieu. Les apôtres ont été envoyés prêcher le royaume de Dieu dans toutes ses acceptions, à savoir la vraie doctrine, la grâce divine et la gloire éternelle. Et parce que, en vue d’accréditer la prédication, le Seigneur avait accordé le pouvoir de guérir, il ajoute : Et guérir les malades. Il les envoya le faire, pour confirmer la vérité qu’ils prêchaient. D’où il suit que le signe de la mission spirituelle du prédicateur est de guérir les auditeurs des maladies de leurs vices.

Il y a trois signes évidents qu’un prédicateur est envoyé par le Seigneur pour prêcher l’Évangile. Le premier est l’autorité de celui qui envoie, comme un pontife et surtout le souverain Pontife, qui tient la place de Pierre, et bien mieux de Jésus-Christ ; de sorte que celui qui est envoyé par lui, est envoyé par le Christ. Le deuxième est le zèle des âmes dans la personne de l’envoyé, lorsqu’il cherche principalement l’honneur de Dieu et le salut des âmes. Le troisième est chez les auditeurs la production des fruits de la conversion.

PAR le premier signe ils sont les envoyés du Père, par le second ceux du Fils, par le troisième ceux de l’Esprit Saint. Il est dit du premier : Pour remplacer tes pères te sont nés des fils. Du second : Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes, mais Jésus-Christ. Du troisième : Je vous ai établis pour que vous alliez, pour que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. Et celui qui est ainsi envoyé peut dire : L’Esprit du Seigneur est sur moi, car il m’a oint.

NON seulement ces envoyés prêchaient, mais ils guérissaient partout, si bien que tous, grâce à leur zèle, étaient stimulés à écouter, tant par leur parole que par leurs miracles. Ce qui manifeste non seulement l’avantage des auditeurs, mais également la fidélité des prédicateurs. Car, tandis qu’ils circulaient, ils étaient à l’abri de l’oisiveté ; tandis qu’ils parcouraient les villages, à l’abri de l’élèvement ; tandis qu’ils évangélisaient, à l’abri de la frivolité ; tandis qu’ils guérissaient partout, à l’abri de l’acception des personnes.

SOURCE : Lectionnaire monastique pour le temps ordinaire XII-XXIII, p. 451-455.
Editions Solesmes/Cerf, 1995. Paris.