

Les Évangiles décrivent, tous les quatre, de manière minutieuse, ce miracle destiné à résoudre les questions matérielles dues au niveau de popularité atteint par la prédication de Jésus à Bethsaïde, sur la rive du lac de Génésareth (ou lac de Tibériade).
Matthieu et Marc le racontent deux fois : Une première fois, juste après la mort de Jean-Baptiste (Mt 14, 13-21 et Mc 6, 32-44) et une deuxième au chapitre 15, 32-39 pour Matthieu (après le retour des disciples de leur première mission) et 8, 1-10 pour Marc.
Luc et Jean, une seule fois en Lc 9, 10-17, juste après le retour des disciples de leur première mission et Jn 6, 1-15, l’Evangile de ce jour.
Nous savons avec précision combien de personnes ont été nourries, la quantité des pains d’orge et des poissons distribués, le nombre des corbeilles de nourriture en excès, et jusqu’à la répartition des affamés par carrés de cent et de cinquante. Le motif de cette insistance dans le détail est expliqué par Jean. Après le miracle, Jésus et les apôtres traversent le lac jusqu’à Capharnaüm. Mais, le lendemain, les gens restés sur l’autre rive s’embarquent à leur tour pour rejoindre Jésus. Dans la synagogue de Capharnaüm, le Christ adresse à ces nouveaux disciples le grand discours eucharistique destiné à faire comprendre la différence entre le pain dont leur faim a été rassasiée, la manne que Dieu a fait descendre dans le désert pour nourrir Moïse et les Hébreux fuyant d’Égypte, et le pain spirituel constitué par Jésus lui-même : « Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera de ce pain vivra à jamais. »

Dans l’iconographie, il n’y a pas de distinction entre les différents cas où Jésus a miraculeusement rassasié des milliers de personnes avec une telle abondance qu’il restait de pleins paniers de nourriture et d’une manière générale, l’iconographie représentant cette scène est assez rare même si elle connaît une certaine reviviscence lors du débat sur l’eucharistie.
Source : Stefano ZUFFI : « Repères iconographiques, Le nouveau Testament », Hazan, 2003 pour l’édition française.
