
C’est sur l’ordre de Louis ler d’Anjou que fut réalisée entre 1375 et 1382 la tenture de l’Apocalypse, sur les maquettes de Jean de Bruges, peintre de Charles V.
C’est la plus ancienne des tapisseries de lisse conservées dans un état proche de l’état d’origine et c’est aussi la plus grande : 103 m de long sur 4,50 m de haut. Fait très rare, on possède une documentation assez précise sur sa commande et sa fabrication, comme sur son histoire jusqu’à nos jours. Quant au thème, c’est la première fois que la technique de la tapisserie est utilisée pour traduire les visions de la Révélation de saint Jean, alors qu’elles étaient représentées dans l’art de la miniature, de la peinture murale et du vitrail. Et souvent, la tenture nous révèle des illustrations fort originales de l’Apocalypse, dues au génie du peintre Jean de Bruges et à l’habileté des artisans lissiers. Ceux-ci avaient atteint une grande maîtrise dans l’art de la tapisserie, comme nous le confirment la finesse de la texture et le revers d’une grande perfection.
C’est à Angers, hormis de rares exceptions, que la tenture de l’Apocalypse sera toujours présentée, tantôt au château, tantôt à la cathédrale, et plus récemment dans la salle synodale de l’ancien évêché, avant l’édification en 1954 de la galerie actuelle, qui fut rénovée en 1982. Lors de ces travaux, la tenture déposée a pu de ce fait être dédoublée, dépoussiérée, examinée et restaurée soigneusement par une équipe hautement qualifiée.
Source : « L’Apocalypse d’Angers, chef-d’œuvre de la tapisserie médiévale »
par Pierre-Marie Auzas, Catherine de Maupeou, Christian de Mérindol, Francis Muel et Antoine Ruais. Éditions Vilo, Paris, Office du Livre, Fribourg, 1985.
À suivre, Voir 1er novembre 2004...|1er novembre|
