Iconographie - Le Bon Samaritain

TRADITION
La parabole du bon Samaritain figure dans l’Évangile de Luc (10, 30-35). Le problème posé à Jésus par un scribe est énoncé en ces termes : « Qui est mon prochain ? » À cette question, Jésus répond par une parabole. Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, il est attaqué par des brigands qui le dépouillent, l’assomment, et le laissent à demi mort. Passent alors sans s’arrêter un prêtre et un lévite, qui se détournent, pour plus de sûreté. Un Samaritain aperçoit le blessé, s’approche, le soigne en versant de l’huile et du vin sur ses plaies. Puis il le conduit à l’auberge, et l’installe à ses frais.
Pour Origène, la victime des brigands symbolise Adam, et le Samaritain le Christ. Jérusalem désigne le paradis, Jéricho le monde. Le prêtre est l’incarnation de la Loi, le lévite correspondant aux Prophètes (Voir le commentaire d’Origène).
REPRÉSENTATIONS
C’est une des paraboles les plus connues et les plus commentées, même si, du reste comme presque toutes les paraboles, sa fortune iconographique n’est pas comparable à sa notoriété. L’imagination des artistes a été stimulée par les deux phases successives de l’épisode : celle où le Samaritain apporte ses premiers soins au malheureux voyageur et celle, qui fait suite, où il conduit le pauvre homme à l’hôtellerie et le confie à l’aubergiste.
La raison de la fortune iconographique de cette parabole tient à son mouvement narratif et à sa localisation dans la campagne, au point qu’elle a servi de prétexte à la peinture de vastes paysages ouverts.
La diffusion de ce thème est assez large à partir de la Contre-Réforme mais la plus ancienne illustration de la parabole apparaît dans un manuscrit byzantin du VIème siècle, le Christ est assimilé au bon Samaritain, un ange l’assiste dans son œuvre de miséricorde.
En Occident, six scènes de la parabole sont mises en rapport avec la création d’Adam et Eve, l’exclusion du paradis, et le Christ bénissant (verrière, cathédrale de Chartres, XIIème siècle).
Une même interprétation symbolique figure dans le programme des vitraux des cathédrales de Sens, Bourges et Rouen.
Le thème reste vivant du XVIème au XIXème siècle, ses aspects pittoresques sont soulignés. Le Samaritain prend soin du blessé au premier plan, à l’arrière-plan, le prêtre et le lévite passent sans s’arrêter. Rembrandt (voir l’illustration des textes de la messe du jour) retient l’épisode de l’arrivée à l’auberge (1630, Londres, Wallace Collection), Delacroix (1849, Paris, coll. privée) illustre le moment où le Samaritain hisse le blessé sur son cheval.
Source : La Bible et les saints, Guide iconographique, Flammarion, Paris, 1990.

