Vivre en chrétien
"Vivre en chrétien", à l’attention des catholiques du diocèse de Rouen

 
 
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Vendredi 20 mai

Tous les textes de ce jour

 

Évangile selon saint Marc Chapitre 10

1En partant de là, Jésus arrive en Judée et en Transjordanie. De nouveau, la foule s’assemble près de lui, et de nouveau, il les instruisait comme d’habitude. 2 Des pharisiens l’abordèrent et pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » 3 Jésus dit : « Que vous a prescrit Moïse ? » 4 Ils lui répondirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. » 5 Jésus répliqua : « C’est en raison de votre endurcissement qu’il a formulé cette loi. 6 Mais, au commencement de la création, il les fit homme et femme. 7 A cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, 8 il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu’un. 9 Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »

10 De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. 11 Il leur répond : « Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre est coupable d’adultère envers elle. 12 Si une femme a renvoyé son mari et en épouse un autre, elle est coupable d’adultère. »

Commentaire de Jean-Claude Lamy diffusé sur RCF Haute-Normandie ce jour

Jésus rencontre à nouveau les foules, et des Pharisiens veulent lui tendre un piège concernant la répudiation de la femme. Le droit juif d’alors ne connaissait le divorce que sur l’initiative du mari.

« Est-il permis à un homme de répudier sa femme ? » Jésus répond : « Qu’est-ce que Moïse vous a prescrit ? », c’est à dire : y- a-t-il un commandement de Moïse là -dessus ? Et les Pharisiens d’invoquer, à nouveau, une « permission » qu’aurait donnée Moïse. En réalité, la répudiation, avec l’obligation de remettre à l’épouse renvoyée une attestation écrite, était un fait admis, qui n’est nulle part, dans la Bible, l’objet d’une loi explicite, et le Deutéronome (24, 1-4) étudiait un cas particulier difficile.

Il y avait de grands désaccords, chez les Pharisiens, sur les motifs légitimes de divorce. Pour Hillel, on pouvait renvoyer sa femme sous le simple prétexte qu’elle avait laissé brûler son repas. Pour son rival, Chammaï, seul l’adultère pouvait motiver la répudiation.

On comprend que Jésus veuille élever le débat. Sa réponse se fonde sur la création, la source du projet de Dieu. L’unité du couple est celle d’un corps : littéralement, « ils seront une seule chair ». L’unité du mariage s’enracine dans le vouloir de Dieu, le divorce est une institution humaine.

En conséquence, ceux qui comprennent le projet de Dieu considèrent leur mariage comme ne pouvant pas être brisé ; c’est pourquoi le remariage équivaudrait à un adultère, pour la femme comme pour l’homme, la conclusion du passage le précise et peut viser le milieu romain avec une certaine égalité homme- femme.

Mais Jésus ne légifère pas pour l ’ Etat ; il s’adresse à ceux qui font de sa parole la règle suprême. Prône-t-il l’héroïsme dans une situation matrimoniale devenue impossible ? Entend-il exclure du groupe des disciples ceux qui auront échoué dans ce domaine ? Ce n’est aucunement indiqué, et , à l’évidence, il ne peut être question d’interpréter ce passage de l’évangile indépendamment de l’ensemble des paroles et des gestes de Jésus. Peut-on aller jusqu’à dire, comme dans le livre « Le monde où vivait Jésus », édité par Hugues Cousin (p 196), que : « c’est le stoïcisme, joint à un certain héritage de l’Ancien Testament, qui est au fondement de ce que nous appelons la morale sexuelle et familiale chrétienne ?