| jeudi 24 mars 2011 |
16 19 « Il y avait un homme riche qui s’habillait de pourpre et de linge fin et qui faisait chaque jour de brillants festins.
20 Un pauvre du nom de Lazare gisait couvert d’ulcères au porche de sa demeure.
21 Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c’étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses ulcères.
22 « Or le pauvre mourut et fut emporté par les anges au côté d’Abraham ; le riche mourut aussi et fut enterré.
23 Au séjour des morts, comme il était à la torture, il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare à ses côtés.
24 Alors il s’écria : “Abraham, mon père, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre le supplice dans ces flammes.”
25 Abraham lui dit : “Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu ton bonheur durant ta vie, comme Lazare le malheur ; et maintenant il trouve ici la consolation, et toi la souffrance.
26 De plus, entre vous et nous, il a été disposé un grand abîme pour que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous ne le puissent pas et que, de là non plus, on ne traverse pas vers nous.”
27 « Le riche dit : “Je te prie alors, père, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père,
28 car j’ai cinq frères. Qu’il les avertisse pour qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture.”
29 Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent.”
30 L’autre reprit : “Non, Abraham, mon père, mais si quelqu’un vient à eux de chez les morts, ils se convertiront.”
31 Abraham lui dit : “S’ils n’écoutent pas Moïse, ni les prophètes, même si quelqu’un ressuscite des morts, ils ne seront pas convaincus.” »
Lc 16, 19-31 (Traduction Œcuménique de la Bible)
« Le cœur de l’homme est compliqué et malade ! » dit Jérémie aujourd’hui. Il a tendance à s’appuyer sur un être de chair, à se fier dans les biens de ce monde comme le riche propriétaire dont Luc nous parle : il achète des vêtements de luxe, fait des repas somptueux, chaque jour , il mène « la grande vie » .
Sans aller jusqu’à cet excès provoquant, ce qui est dénoncé c’est de tout miser sur l’argent, sur le luxe, sur le paraître et, peu à peu, de se fabriquer un cœur de pierre , imperméable à l’amour de Dieu et fermé aux besoins des autres.
C’est bien le comportement de ce riche qui méprise Lazare mendiant chaque jour à sa porte et toujours rejeté.
Le cœur de pierre devient sourd à l’Esprit du Seigneur, insensible aux souffrances et endurci, il n’est plus capable de vibrer à l’amour, à la compassion, à la tendresse, à l’appel des autres .
Entendons cette invitation de Jérémie : « Béni soit l’homme qui met sa confiance dans le Seigneur, dont le Seigneur est l’espoir.
Il sera comme un arbre planté au bord des eaux, qui étend ses racines vers le courant : il ne craint pas la chaleur quand elle vient, et son feuillage reste vert ; il ne redoute pas une année de sécheresse, car elle ne l’empêche pas de porter du fruit. »
Durant ce carême, prenons le temps de discerner ce qui, progressivement, dans notre vie, fait de notre cœur de chair un cœur de pierre.
« Le cœur de l’homme est compliqué et malade, dit Isaïe, qui peut le connaître ? Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs, qui scrute les reins. »
En effet, « le Seigneur connaît le chemin des justes ! »
Aujourd’hui, laissons l’Amour de Dieu pénétrer notre cœur, accueillons « le Souffle d’Amour », Esprit de lumière, Esprit de Force. Cherchons dans ce que nous allons vivre le passage de Dieu . « Il est là, au cœur de nos vies, bien vivant, Jésus-Christ »

