Croixdalle

Une église édifiée dès le XIIème siècle

Bref historique :

Au Ve siècle avant J.C., il semblerait que le village ait été habité par des Celtes. Par la suite, Croixdalle est occupée par les Romains pendant quatre siècles (nombreux vestiges retrouvés). Du Moyen-âge à nos jours, les seuls faits importants à retenir sont l’épidémie de peste puis l’occupation anglaise qui, en 1432, décima entièrement la population.

L’Eglise :

La première église du village a été édifiée au XIIe siècle (restes de fondations de chaque côté de l’église actuelle). Nous savons également que Croixdalle fut l’un des premiers villages de la région converti au christianisme. L’édifice actuel date du XIIIe siècle. Partiellement détruit par un incendie en 1769, il fut reconstruit durant le XVIIIe siècle.

A l’extérieur :

Les matériaux de construction sont très hétéroclites : silex, pierres blanches, briques roses, colombages. La toiture est un mélange de tuiles et d’ardoises. Les murs extérieurs montrent la trace de deux portes à plein cintre. Le cimetière entourait l’église jusqu’en 1878. Devenu trop exigu, il fut transféré à son emplacement actuel.

A l’intérieur :

Les boiseries abondent. Elles sont relativement récentes. Le pavage se compose de briques et de tommettes du XVIIIe siècle. Parmi les trois autels, l’un est consacré à Saint-Fiacre. La tradition populaire attribue à St Fiacre le creusement d’une mare à laquelle sont attachées des vertus curatives. Cette mare est devenue, après les épidémies du XIVe siècle, un lieu de pèlerinage. De là certainement aussi l’origine de l’erreur entretenue sur le saint patron de la paroisse qui est en réalité St Etienne. Deux très belles statues en bois polychrome représentent St Nicolas et St Etienne, ainsi qu’un Christ en bois détérioré pendant la révolution. Les fonts baptismaux, la cuve de forme ovale repose sur un fût rectangulaire du XVIIe. Au-dessus de l’autel principal, époque Louis XIII, St Michel terrassant un dragon, pourrait être une représentation de St Georges (pas d’ailes sur le St Michel). Dans la partie du chœur, dalle tumulaire du XIIIe sur laquelle figurent deux têtes d’enfants et des ossements inhumés en cet endroit suite à l’épidémie de peste de 1348. Les vitraux sont modestes, exceptée la Vierge du XIIIe avec listel. Le chevet de l’église date du XIIIe siècle

Le clocher :

On y trouve encore des poutres en bois carbonisées (incendie de 1769). Il abrite un cloche qui a une certaine histoire. En francs patriotes, les habitants de Croixdalle offrirent leur cloche à la république en 1793. Regrettant de ne plus l’avoir pour donner le signal de leurs réunions, ils en « empruntent » une à la paroisse de Sainte-Agathe d’Aliermont qui avait gardé les deux siennes. Cette cloche fondue en 1646 a été cassée en 1875. Refondue par la suite, elle pèse 875 livres. Elle a été bénite le 18 juillet 1876, au milieu d’une grande afluence d’assitants, et s’appelle Augustine Françoise.

Pendant les épidémies de peste noire et de choléra, le drap des morts est installé au sommet du clocher pour avertir les étrangers. Proche de l’église, il existait jadis une léproserie.

Aujourd’hui :

Au cours de l’été, des pèlerins se rendent encore à la mare St Fiacre située à proximité de l’église. Cette coutume rappelle les pèlerinages qui étaient fait par la confrérie de charité et par les marins du Pollet (Dieppe) lorsqu’ils avaient échappé à un grand danger. L’église accueille toujours les mariages, les enterrements et les baptêmes. La fête patronale a lieu à la St Michel.

Mare Saint-Fiacre de Croixdalle :

Les pèlerinages à la mare St Fiacre datent du XIVe siècle après les épidémies de peste noire et de choléra. Pour lutter contre toutes les maladies, il existait de nombreux pèlerinages. C’était un peu le thermalisme de l’époque. Croixdalle avait le sien : il était sous l’invocation de St Fiacre, moine venu d’Ecosse qui vécut longtemps dans une cabane en bois et qui devint très populaire. Il est aujourd’hui le patron des jardiniers. Ce pèlerinage consistait en une procession avec croix et bannière, à la mare au fond de l’impasse de l’église. Elle a pris le nom de St Fiacre. On s’y lavait les mains et le visage. Elle avait la réputation de guérir les dartres, les hémorroïdes, les ulcères et d’autres plaies. Les marins de Dieppe y venaient très nombreux, en groupes, et terminaient le parcours à genoux. C’était une coutume très répandue à l’époque. En 1852, le clergé refusa d’y participer et cette pratique disparut, mais il en subsista longtemps quelques manifestations. Cette mare existe toujours. Elle est aujourd’hui recouverte de lentilles d’eau et elle est sans doute le paradis de grenouilles. C.D.

Clocher_Croixdalle

 

Interieur Croixdalle