Les Ifs

Une petite commune mais une église préservée

Eglise d’origine romane du 13ème siècle remaniée en 1755.

Historique : Cette modeste commune, de 50 âmes et s’étendant sur 400 ha, tiendrait son nom du latin « aqua » signifiant « lieu humide ». Elle comportait 145 habitants en 1886… « Eawys » est également mentionné en 1229 avec la même signification que la forêt d’Eawy, c’est-à-dire « lieu humide ». Une simplification phonétique rendit possible une assimilation avec « ifs » que l’on prononçait jadis « i »…Ce fief dépendait autrefois de l’abbaye Saint-Ouen de Rouen qui y possédait un manoir. C’est le village natal de Pierre Cantel (1645-1684), savant jésuite, auteur de plusieurs ouvrages sur les antiquités romaines. Demeurèrent également en cette localité deux personnages importants : Jacques d’Hocquelus, écuyer en 1667 et Antoine, Barthélemy d’Hocquelus, également écuyer en 1697. Dans les premières années du 18ème siècle, le curé y tenait un petit pensionnat ecclésiastique d’une trentaine d’élèves.

Eglise :

D’origine romane, cet édifice religieux a été complètement remanié en 1755. L’église connait trois vocables successifs : Saint Barthélemy, Saint Marc et enfin Saint Ouen lors de sa restauration. L’édifice est compact, impression encore accentuée par le petit clocher quadrangulaire et ardoisé à deux ruptures de pente. La cloche qu’il abrite date de 1669. Comme beaucoup d’églises anciennes, les matériaux de construction sont composites : pierre tufeuse, silex, briques… Seule fausse note, l’entrée restaurée récemment avec du ciment brut et comportant au-dessus du portail une horloge de style moderne. A l’intérieur, on remarque :

• Un bas-relief d’albâtre du 15ème siècle ;

• Une vierge à l’enfant en bois peint du 18ème siècle. Cette œuvre est toutefois influencée par l’art funéraire du 15ème siècle cherchant à donner une expression de vie au gisant ;

• Sur le pilier du transept sud, un blason aux armes d’Emmanuel de la Tour en pierre datant du 18ème siècle. Il s’agissait d’un cardinal, neveu du Maréchal de Turenne. Ce prélat est à l’époque doyen du Sacré Collège, évêque d’Ostie et de Velletri, abbé général de Cluny et abbé de Saint-Ouen dont la paroisse des Ifs relève ;

• Et enfin, un baptistère de pierre du 13ème siècle.

L’impression d’ensemble qu’offre l’église est celle d’un bâtiment bien préservé malgré les faibles moyens financiers de cette petite commune. L’environnent immédiat ne souffre guère de critique : le cimetière est bien entretenu et les alentours soignés et fleuris. M.B.

Les Ifs 1

 

Les Ifs 2