Preuseville

Deux anciennes paroisses et deux églises

Origines de Preuseville :

Le nom du village dériverait de Predosa villa/Prosevilla mentionnés aux 12ème et 13ème siècles qui signifient domaine pierreux ou caillouteux. D’où les doléances de 1789 des habitants du lieu qui se plaignaient du sol froid et ingrat de leur territoire impropre aux pâturages… Il n’en demeure pas moins que l’endroit a attiré les hommes depuis longtemps. En 1840, des fouilles révélèrent, près de l’ancienne église divers objets (tuiles, vases, cuillères en argent…) datant du 2ème siècle. Au Moyen Age, le fief n’eut pas de seigneurs particuliers. Le domaine de ce lieu est donné en 1074 par le seigneur Roger de Mortemer à l’abbaye de Saint-Victor-en-Caux. En 1804, Preuseville fut l’une des étapes du général Pichegru et de Cadoudal (chef de la chouannerie) quand ils vinrent d’Angleterre en France pour conspirer contre Napoléon. Après l’échec de leur complot et leur arrestation, tous deux connurent peu après une fin tragique : le premier fut retrouvé pendu dans sa cellule au Temple et le second fut condamné à mort.

Eglise de Preuseville : Eglise Saint Jean-le-Baptiste

L’église de Preuseville est signalée dès 1074 (voir ci-dessus). Située au centre de l’actuel cimetière, elle a été démolie en raison vraisemblablement de sa vétusté. De cet édifice initial, on sait qu’il était couvert de paille, que la nef avait été reconstruite au 18ème siècle et que le chœur datait de 1842. Il a été remplacé par une construction de style néo-gothique orienté. Cette nouvelle église, située face au monument aux morts, est construite en brique et son clocher ardoisé ne comporte plus qu’une cloche sur les trois qu’elles comptaient encore à la révolution. Deux d’entre elles furent enlevées par décret du 23 juillet 1793. A l’intérieur, de grandes colonnes rondes rehaussées de chapiteaux au style corinthien dégagent une impression de grandeur et de clarté accentuée par les vitraux de la nef relatant de part et d’autre la vie de la Sainte Vierge et celle de Joseph. Les vitraux du chevet, datant d’après la seconde guerre mondiale, représentent la vie de Jean-le-Baptiste auquel l’église est dédiée. L’attention est également attirée par le maître-autel, l’aigle lutrin et les autels latéraux. La chaire majestueuse est en bois sculpté de même que le couvercle des fonds baptismaux.

Eglise (ou chapelle) d’Hesmy : (Eglise Notre Dame). Cette ancienne paroisse a été rattachée à Preuseville en 1823. Son nom vient de celui d’un ancien domaine : « Haismedis villa ». Elle est mentionnée dès la fin du 7ème siècle, ce qui en fait l’une des plus anciennes localités connues. Son église, toujours en excellent état, se situe au milieu du cimetière. Son origine doit remonter au 13ème siècle. La nef et le chœur ont fait l’objet de restaurations de même que le pignon ouest endommagé durant la seconde guerre mondiale. Le clocher est frontal. La partie sud de l’édifice surprend par sa conception : elle a l’aspect d’une sorte de transept à cinq pans. Extérieurement, on remarque également des moulures ornementales épousant le cintre d’un arc (archivoltes) ornées de feuillage. A l’intérieur, elle forme un transept séparé de la nef par deux arcs. On y remarque des statues de Sainte Barbe et de Saint-Nicolas ainsi que les éléments architecturaux suivants :

• Un maître-autel en bois orné d’un tableau réalisé par Jean II de Restout représentant le Christ au Jardin des Oliviers ;

• Quatre armoiries – deux simples et deux doubles – vestiges d’une litre qui autrefois entourait l’église et représentant les armes de la famille Mesniel, propriétaire au 15ème siècle de la terre d’Hesmy. Elles sont surmontées par deux licornes et d’une couronne que l’on suppose être une couronne vicomtale.

• Le premier banc, à droite, comporte des troncs incorporés et les fonts baptismaux en bois sont surmontés d’un couvercle orné de fleurs.

• Deux statues (Saint Jean et Notre Dame), volées dans les années 1960, ont repris leur place initiale après avoir été récupérées… M.B.

Une litre : Qu’est-ce que c’est ? Lorsque mourait le seigneur du village, du XVIe siècle à la Révolution, on décorait l’église avec une large bande peinte en noir sur laquelle on ajoutait les armoiries du personnage : la litre. On en trouve encore en place dans certaines églises. Cela se pratiquait aussi dans les cathédrales à la mort de l’évêque. Les blasons de plusieurs personnages peuvent se superposer. Parfois le blason seul a été conservé en la bande noire effacée. Ailleurs c’est le contraire, à la Révolution le blason a été gratté, mais la bande noire subsiste qui a servi à des compagnons pour laisser des traces de leur passage.

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