Smermesnil

Une église reconstruite en 1867

Autrefois :

Comme dans la plupart des autres communes de la région, la présence gallo-romaine sur le site a été attestée par des fouilles. A partir du 11ème et 12ème il est fait mention de Lignemare, moine à l’abbaye du Tréport. La commune est mentionnée en 1192 sous la désignation « Semarmaisnil » signifiant « le mesnil de sigemarus » (sigemarus étant le nom d’un homme d’origine germanique). A cette date, le patronage de l’église est donné par Geoffroy de Bailleul à l’abbaye d’Eu. En 1272, Guillaume d’Esquakelont est appelé à servir parmi les chevaliers de l’ost (armée) du roi. Ce nom proviendrait de l’association du vieil anglais « sceacre » (voleur) et de l’appellatif « lundr » (bois) signifiant « le bois des voleurs »… Esquakelont deviendra plus tard « Ecaquelonde », lieu où a été construit le château de Smermesnil. Au 17ème siècle, Mme Rocquigny de Bulonde de Lignemare, née au château de Smermesnil, devint la confidente de Mme de Maintenon, seconde épouse de Louis XIV, puis supérieure de la maison de Saint-Cyr.

Au 17ème siècle, la seigneurie de Smermesnil appartient à François de Masquerel, baron de Bosc-Geffroy et seigneur de Bailleul. Elle passe en 1723 dans la famille de Groulard de Torcy, puis, par alliance dans celle des Dauvet qui l’habitent jusqu’en 1789.

La réunification de Lignemare, Smermesnil et la Leuqueue à lieu en 1823. Signalons qu’après la révolution, Lignemare et la Leuqueue avaient été, durant quelques décennies, réunies à Preuseville pour devenir ensuite des hameaux de Smermesnil.

Le château de la commune a été transformé en orphelinat agricole en 1892, puis, en 1959, il devint un établissement ménager agricole à plein temps. Ce dernier, en 1978, est devenu le « Lycée d’enseignement professionnel Daniel Brottier, Hotelier et Agricole » qui accueille près de 300 élèves.

Eglise :

De l’église initiale des 13ème et 14ème siècles, démolie en 1867, n’ont été conservées et restaurées que les parties basses du transept et du chœur en silex. Le pignon ouest présente encore des damiers en briques noires. A la date précitée, l’édifice a été reconstruit.

A l’intérieur : on remarque les pilastres et la frise du chœur, de style renaissance, ainsi que les étonnantes clefs de voûte, pendentifs du 16ème siècle des transepts. A la droite du chœur, un bas-relief représente une tête supportant une tiare avec un globe crucifère symbolisant Dieu le Père. A la gauche, deux plaques, datées de 1623 et 1624, sont scellées dans le mur. L’une d’elle retrace un contrat passé devant les tabellions (anciens notaires) de Foucarmont. Dans le chœur, sur la droite, figure une Piéta de pierre. Sur la gauche, on remarque une statue de Sainte Madeleine et une seconde de Sainte Catherine, toutes deux en bois polychromé datant du 17ème siècle. Au-dessus de l’autel, l’attention est attirée par une grande toile de la fin du 18ème siècle représentant l’évêque Saint Ouen, patron de la paroisse. Dans la nef, on remarque également un baptistère du 13ème siècle ayant la forme d’un cube de pierre orné de feuillages sculptés et de trois colonnettes à chaque angle. Celui-ci est recouvert d’un couvercle en cuivre ajouté au début du 19ème siècle.

Le clocher en briques abrite trois cloches acquises en 1925 : la « Jeanne Marie » (en mémoire des soldats morts en 1914-1918) donne le fa dièse, « l’Emilie-Henriette-Blanche » le sol dièse et la « Jacqueline-Alice » le la dièse.

Les Chapelles :

Lignemare : la petite église de ce hameau est désaffectée. Elle se dresse encore, abandonnée, au milieu des tombes de l’ancien cimetière. Elle a été construite avec différents matériaux : grès, silex et pierre blanche. Bien que daté du 13ème siècle l’édifice est cependant mentionné dès le 11ème siècle.

La Leuqueue : une église, en pierre et silex, y fut construite au 16ème siècle. Elle a aujourd’hui totalement disparue après la décision prise en 1980 par le conseil municipal de procéder à sa démolition complète afin d’éviter des accidents éventuels résultant de la chute de matériaux. (Question : le nom de ce hameau ne proviendrait-il pas de la contraction inversée de « la queue du loup », « leu » désignant en vieux français cet animal sauvage autrefois abondant dans notre pays ?) M.B.

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