Auffay, sa collégiale, Houzou Bénard et Paquet Sivière

La collégiale d’Auffay est dédiée à Notre-Dame.

L’église d’Auffay est appellée « collégiale » parce qu’elle fut d’abord desservie par un collège de six chanoines réguliers de Saint Augustin, dès 1060. Selon un acte de donation daté de 1079, ils furent remplacés par des moines bénédictins de l’abbaye de Saint Evroult (monastère d’Ouche dans l’Eure).
Gilbert, seigneur d’Auffay, fils de Richard d’Heugleville sur Scie, après avoir combattu avec Guillaume le Conquérant à Hastings (1066) en Angleterre, fut, à son retour, l’instigateur généreux de cette donation.

On ignore l’origine exacte de deux automates, les Jacquemarts, en costume du XVIIéme siècle.Ils se nomment Houzou Bénard et Paquet Sivière.
Ils sont en bois de chêne, mesurent un mètre de haut, chacune des cloches pèse quinze kilogrammes. Ils sont « exposés aux rigueurs du temps » depuis 1873. Ils ont été déposés en 1994 pour être rénovés.
Les Jacquemarts auraient été des condamnés à vie à sonner les cloches.

Une origine plausible émerge de la controverse :
Un jour de procession de Saint-Sacrement, deux Huguenots, un Dieppois et un Altifagien, auraient outragé la foi catholique. Ils auraient été condamnés à payer l’horloge de la collégiale et à sonner les heures et les offices. A leur mort, les automates qui sortent de leur niche et sonnent les heures, les demies et les quarts les auraient remplacés.
La collégiale d’Auffay est un édifice à 3 nefs, avec transept, chœur et deux chapelles latérales présentant des styles variés : roman, gothique et renaissance. Sa longueur est de 55 mètres, dont 28 pour la nef. La largeur totale du chœur et des deux chapelles est de 23 mètres, celle de la nef est de 14 mètres.

La tour centrale du transept supportée par 4 gros piliers récemment renforcée est du XIIème siècle (style ogival transitionnel) : huit fenêtres, dont quatre sont aujourd’hui murées, en éclairent la partie supérieure. Les transepts latéraux, primitivement en pierre tuffeuse, sont du XIème siècle (style roman : c’est la partie la plus ancienne).

La nef actuelle avec ses collatéraux a rempalcé une première nef romane de même longueur dont il reste quelques vestiges. Commencée au début du XIIIème siècle, elle ne fut terminée qu’après 1264. Elle est remarquable par son élévation à trois étages : grandes arcades, triforium et fenêtres hautes. Au début du XIVème siècle appartient la chapelle sud (style rayonnant); à la fin du XVe et au XVIe, le choeur et la chapelle Nord (style flamboyant). La porte d’accès à la chapelle nord s’appelle la « Caliportière ».

Le grand portail Ouest en grès, fortement endommagé par les guerres, fut reconstruit vers 1600 grâce à la générosité du roi Henri IV, témoin, et, en partie, responsable de son délabrement.

La flèche du clocher toute en pierre (70 mètres de haut) date de 1872; l’ancienne flèche en bois et ardoise, construite en 1735, ayant été frappée par la foudre et brulée le 4 octobre 1867, ainsi que l’horloge restaurée en 1873.

L’église qui avait été brulée et très endommagée en 1472 par les soldats de Charles le Téméraire, le fut de nouveau en 1940 par ceux de l’armée allemande.

L’édifice étant classé « Monument Historique » depuis 1913, le Ministère des Beaux-Arts a assumé la charge de sa restauration. Les travaux de gros-œuvre ont duré 27 ans.

Les vitraux du chevet de la face Est et du transept sont du maître-verrier Max Ingrand; ceux de la face Sud et des hautes fenêtres sont du maître-verrier Michel Durand; l’autel en pierre du sanctuaire et la statue de Notre Dame sont de Mme Hebert-Coeffin.

Auffay est la seule commune de France à s’appeler ainsi; ce qui est un fait assez rare. Les habitants sont les Altifagiens.
Auffay vient du latin alta fagus: les grands hètres.
La commune d’Auffay est traversée par la rivière « La Scie ».

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