Eglise St Martin d’Oissel

L’ÉGLISE SAINT-MARTIN

 

L’église d’Oissel a subi avec le temps de nombreuses transformations.

Aujourd’hui, cet édifice réalisé en brique et en pierre domine le centre-ville du haut de ses quarante-quatre mètres.

La première église d’Oissel, dédiée à Saint-Martin, fut construite au temps des Mérovingiens. Au XIIIe siècle, elle fut donnée au chapître de Rouen. Guillaume Rollant, seigneur et patron d’Oissel, déposa la charte de cette donation sur le maître-autel de la cathédrale en l’année 1208.

Avec le temps, de nombreuses modifications vinrent changer la forme de cette petite église primitive. Un premier clocher fut construit au XVIe siècle. Sa flèche effilée s’élançait d’un corps carré édifié au milieu du transept et supporté par quatre piliers circulaires. L’église n’avait qu’une seule nef d’une longueur restreinte et assez mal éclairée par cinq petites fenêtres. Ses voûtes en bois, son chœur garni de bancs destinés au bas clergé et aux confréries, sa chaire adossée à l’un des piliers du clocher, formaient un ensemble qui n’avait rien de monumental.

 

 A l’extérieur, au-devant de chacune des deux portes dont la principale s’ouvrait du côté de l’occident et l’autre du septentrion, on remarquait un porche et, devant ce porche, un if plusieurs fois séculaire. C’est à l’ombre de cet if que se faisaient, le dimanche, à la sortie de la messe, les publications de mariages, les adjudications et les ventes. A l’aube du XVIIIesiècle, l’église était devenue trop petite, le nombre d’habitants ayant augmenté !

Le porche occidental fut supprimé et la nef prolongée sur son emplacement ; le vieil if fut respecté et resta debout jusqu’au 6 frimaire an II (mars 1793) jour où le Conseil de la commune prit la décision de l’abattre. En l’an IX (1801) de la République, selon l’avis du préfet du département, l’église du village devait être vendue au profit de l’État.

 

Vitrail de Saint-Martin

 

Le maire, M. Horcholle, qui ne partageait pas cette opinion, s’y opposa. Le préfet prit en considération les réclamations du maire et l’église resta debout. Quelques années plus tard, la population augmentant encore, le cimetière devint trop petit. L’administration municipale fit l’acquisition d’un terrain situé au triage des Mornons.

Le nouveau cimetière (l’actuel cimetière du centre) fut béni par l’abbé Liber le 23 mai 1827. Petit à petit, Oissel se transforma en ville industrielle. Son église n’était plus assez grande pour accueillir tous les fidèles, aussi, lorsque l’abbé Bolot (2) fut nommé en 1848, sa première préoccupation fut d’agrandir l’édifice car, faute de ressources, il était impensable de tout reconstruire.

L’abbé fit donc personnellement des sacrifices et le 19 mai 1851, en présence de l’archevêque de Rouen, Louis-Edmond Blanquart de Bailleul, eut lieu la pose de la première pierre de l’agrandissement projeté. Très activement conduits, les travaux furent terminés en l’espace de dix-huit mois, le 14 novembre 1852.

L’œuvre était pourtant incomplète. Les parties conservées de l’ancien édifice furent supprimées au profit de deux chapelles qui formèrent les bras du transept. Avec ces modifications, l’ancien clocher n’avait plus sa place. On songea donc à en ériger un nouveau au bas de la nef. Après bien des hésitations, les architectes choisirent d’élever quatre forts et lourds piliers pour supporter le nouveau clocher qui, aujourd’hui encore, domine la ville.

Avec la réalisation du chœur s’achevaient en 1871 les travaux commencés 23 ans auparavant en 1848. Depuis un siècle, l’édifice n’a pas connu d’autres modifications. Des réfections régulières comme la toiture et le mécanisme de l’horloge assurent l’entretien de ce bâtiment communal.

 

Sources : Édouard Turgis : « Oissel Glanes, traditions, souvenirs, faits contemporains ».