Historique et architecture

Début des travaux en 1890
Architecte : M. Lucien Lefort
Bénédiction de la chapelle :
La nef actuelle : le 26 juin 1891
Le clocher : le 2 juin 1912
Erigée en basilique : le 23 mars 1918
Consécration : le 31 mai 1918

Extrait d’une notice d’Edgar Naillon sur les églises de Rouen

Lucien Lefort 1856 – 1916

Architecte de la basilique du Sacré-Cœur de Rouen.

Son père travailla sous les ordres de Viollet-le-Duc. Il fit ses études d’architecture à Paris, et fut nommé en 1879 architecte en chef du département de la Seine-Inférieure. Il y exerça pendant 37 ans.

Ses constructions civiles :

– à Rouen, encore subsistantes, entre autres, les écoles normales rue St Julien et rue de Lille, le Palais de Justice, façade rue Jeanne d’Arc…

– à Dieppe : le Palais de Justice et la Chambre de Commerce.

Ses restaurations ou reconstructions, en architecture religieuse, entre autres : l’église de Saint Saëns, la chapelle du Carmel de Bois-Guillaume, la sacristie de Saint Maclou, les églises d’Aumale, Montivilliers, Bourg-Dun, Muchedent, Veulettes, Pont de l’Arche, Blainville-Crevon, Norville (le chœur), St Maurice d’Etelan (le clocher), Moulineaux, St Vivien de Rouen.

Il fonda l’école d’architecture de Rouen, et prit sa retraite en 1915.

La basilique du Sacré-Coeur

Commencée en 1890, cette église fut exécutée par étapes successives en une vingtaine d’années.

A cette époque, la population de ce faubourg n’était desservie, du point de vue religieux, que par deux églises assez éloignées : Saint Gervais et la Madeleine.

Afin de pallier à cet inconvénient, M. l’abbé Daubeuf, curé de la Madeleine, résolut de faire construire à cet endroit une chapelle de secours. L’Archevêque d’alors, Monseigneur Thomas, encouragea cette pensée et choisit M. l’abbé Allard, vicaire de Saint Gervais, pour la réaliser.

Ce monument, œuvre de M. Lefort, architecte, fut conçu dans le style roman de la fin du XIe siècle qui se différencie du style adopté par les églises normandes de cette époque.

Construite en pierre, il forme un vaisseau très élevé et largement éclairé par les fenêtres allongées en plein cintre, à l’exception des chapelles rayonnantes de l’abside, qui sont coiffées de toitures basses polygonales et éclairées par des fenêtres en arcades.

Des contreforts peu saillants donnent à l’intérieur une disposition originale supportant, sur une voûte en berceaux latéraux, une galerie ou triforium faisant le pourtour de l’église.

Les voûtes sur nervures s’élèvent à 15,50m à la croisée.

Sur la façade principale, tympan décoré d’une mosaïque représentant deux paons s’abreuvant à la fontaine de vie.

Au-dessus, dans une niche à encorbellement, se détache une statue du Sacré-Cœur due à M. Tirant.

Le clocher en pierre qui domine la façade principale, terminé par une croix en fer due à M. Rochon, serrurier, a été béni par Monseigneur Fuzet, le 2 juin 1912.

Le maître-autel a été décoré de panneaux consacrés au Christ et aux Evangélistes, composés par Alph. Guilloux et exécutés par les procédés galvanoplastiques Pellecat. Il est couronné par une statue en marbre figurant le Sacré-Cœur, due au ciseau d’Eugène Bénet.

L’orgue a été exécuté par M. Bouillon, facteur rouennais, et le buffet de style roman, par M. Bonet sur les dessins de M. Lefort.

Les artistes, qui ont collaboré à cette œuvre, sont tous d’origine rouennaise.