Semaine du 28 septembre au 4 octobre 2015

 

Commentaire d’Helène Labrunye sur RCF Haute-Normandie

Lundi 28 septembre 2015

Aujourd’hui, l’évangile de Luc permet de mieux saisir un enseignement essentiel du Christ : les plus petits sont les plus grands selon la foi. Nous avons bien du mal à vivre selon ce renversement des valeurs. Les disciples ne font pas exception : leur cœur est occupé par la question  de savoir qui est le plus grand. De plus, ils ont jugé bon d’interdire à ceux qui ne suivent pas Jésus d’expulser les démons en son nom, pensant que ce pouvoir leur était réservé.

Le Christ leur montre très concrètement la valeur des petits, de ceux qu’on ne juge pas digne d’intérêt. Il prend un enfant et le place à côté de lui. On imagine que c’est un geste plein d’affection. L’enfant, anonyme, qui ne comptait pas, a été choisi par Jésus pour être mis tout à côté de lui, à la première place. Il s’est laissé faire, sans crainte, parce qu’il a confiance dans le Christ. La relation entre Jésus et l’enfant révèle la valeur du petit, qui accepte d’être dépendant, de se laisser conduire avec amour. Le disciple doit se reconnaître comme petit, pour se laisser aimer sans crainte par Dieu et ainsi grandir dans la foi.

Jésus rappelle que l’accueil de Dieu passe par l’accueil des autres, en particulier des plus faibles : « celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé ». Aimer les plus petits c’est accueillir Dieu qui est venu dépouillé parmi les hommes, c’est  accueillir et vivre l’amour inconditionnel de Dieu.

Jésus enseigne aussi la bienveillance envers ceux qui ne le suivent pas et pratiquent pourtant des exorcismes en son nom  : « qui n’est pas contre vous est pour vous ». Il accepte ces petits dans la foi qui tentent de faire le bien sans faire partie du groupe des fidèles. La bonne volonté de ces personnes est aussi une manière de suivre Jésus, qui a sa valeur parce que c’est un geste d’amour.

Notre cœur, comme celui des disciples, est bien trop souvent préoccupé par notre valeur. Nous voudrions  être rassuré sur notre force, notre supériorité. Prenons plutôt appui sur le Christ. Il rappelle dans cet évangile que tous les faibles, c’est-à-dire tous les hommes sont aimés d’un amour inconditionnel par Dieu, qu’il suivent ou non le Christ. Accueillons cet amour infini sans craindre nos faiblesses. Dieu vient dans la petitesse de l’homme pour l’habiter de sa grandeur.

Mardi 29 septembre 2015  

sur RCF Haute-Normandie

Aujourd’hui nous fêtons les archanges et les trois lectures du jour évoquent les anges. Dans  l’évangile de Jean, Jésus annonce à Nathanaël « vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme ». Cette image reprend la vision de Jacob dans le livre de la Genèse : des anges qui vont et viennent sur une échelle dressée entre ciel et terre. Jésus montre ainsi qu’avec lui va s’accomplir la promesse de l’Ancien Testament : il vient restaurer la communication, la communion vivante entre Dieu et les hommes.

Cette révélation répond à une quête de Nathanaël. En effet cet homme semble prendre du temps pour méditer, chercher Dieu. Jésus l’a vu sous le figuier, un arbre associé chez les Juifs à l’étude, à la méditation des écritures. Quand Philippe lui rapporte qu’on a trouvé celui dont parle les Ecritures, Jésus, le fils de Joseph de Nazareth, Nathanaël a d’abord une réaction de doute. Il fait cependant la démarche de venir et de voir. C’est seulement lorsque Jésus lui révèle qu’il le connaît déjà, qu’il a déjà posé son regard sur lui que Nathanaël  croit. « Rabbi, tu es le fils de Dieu, tu es le roi d’Israël ».  Son cri traduit son émerveillement de rencontrer Dieu vivant avec tout son être, corps, cœur et esprit.

Nathanaël signifie en hébreu « Dieu a donné ». Ce nom nous suggère que la disponibilité et la démarche de Nathanaël sont surtout une réponse à tout ce que Dieu lui avait déjà donné, une réponse à l’invitation que Dieu lui faisait quand il était sous le figuier.

Comme Nathanaël, restons en quête de Dieu, l’esprit ouvert et le coeur disponible. Nous saurons mieux répondre aux signes que Le Seigneur nous envoie et nous nous mettrons en route malgré le doute et les interrogations.  Cet évangile nous montre surtout combien est grande la joie de trouver Dieu qui nous attend sur notre chemin vers un ciel ouvert aux hommes.

 Mercredi 30 septembre 2015 

sur RCF Haute-Normandie

Aujourd’hui, dans l’évangile de Luc, Jésus a des paroles qui semblent brutales. Il est en route pour Jérusalem où il sait qu’il va mourir. Il doit constituer un groupe de disciples qui puisse résister aux difficultés de la mission qu’il va leur confier.

Luc rapporte trois petits dialogues de Jésus avec des hommes qui s’engagent ou sont appelés à le suivre. Le premier homme est prêt à tout pour le Christ, il ne met aucune condition :  « Je te suivrai partout où tu iras ». Jésus lui montre que le suivre c’est se donner sans limites  : « le Fils de l’homme n’a pas où poser la tête » . L’homme a peut-être présumé de ses forces en devançant l’appel de Jésus, en affirmant qu’il était capable de se consacrer entièrement au Christ. Sa promesse risque d’être vaine.

Le deuxième homme est au contraire appelé par Jésus et accepte en mettant une condition, celle d’enterrer d’abord son père. Le refus de Jésus peut paraître choquant en soi, mais ses paroles sont riches de sens « Laisse les morts enterrer leurs morts ». Les disciples pour annoncer le Règne de Dieu, doivent se tourner vers la vie, vers l’avenir, vers l’espérance de la résurrection.

Le troisième homme se propose, comme le premier, de suivre Jésus mais avec plus de tiédeur puisqu’il veut auparavant faire ses adieux à ses proches. La réponse du Christ semble injuste « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu ». Le tort de l’homme n’est sans doute pas de vouloir manifester son affection  à ceux qu’il va quitter, mais d’être divisé entre l’amour qu’il a pour les siens et l’amour qu’il a pour Jésus. Indécis, s’engageant à la suite de Jésus, le regard tourné vers le passé, il n’est pas prêt à annoncer la venue du Royaume de Dieu.

Les réponses que fait Jésus aux trois hommes nous donnent une leçon d’humilité. Suivre le Christ est un choix radical, exigeant. Le Christ ne nous demande pas d’être parfait mais d’écouter et de méditer sa parole pour trouver le chemin qui est le nôtre. Il conduit chacun de nous selon son existence et ses talents. Ne le perdons pas de vue et marchons avec ardeur.

 

Jeudi 1° octobre 2015

sur RCF Haute-Normandie

Nous lisons aujourd’hui le début du chapitre 10 de Luc. Jésus y envoie en mission 72 disciples. 72 représenterait l’ensemble des nations nommées au chapitre 10 de la Genèse et symbolise donc l’universalité de la mission : la bonne nouvelle doit être annoncée à tous les hommes et pas seulement aux Juifs.  « La moisson est abondante », la terre entière est appelée à entrer dans le Royaume de Dieu.

Les conseils que donne Jésus aux disciples sont un avant-goût du Royaume de Dieu. Tout d’abord  Jésus évoque l’étroite relation entre Dieu et les hommes : « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ». Le Règne de Dieu se construit dès maintenant, par la coopération des hommes à l’œuvre de Dieu. La prière permet à la puissance de Dieu de se manifester. Ainsi, à partir d’un petit groupe, la foi en Christ va s’étendre à une multitude d’hommes

Les disciples doivent également coopérer entre eux : Jésus les envoie deux par deux pour préparer sa venue. Ce compagnonnage au nom du Christ manifeste déjà l’amour, la communion entre tous les hommes et avec Dieu. La mission des disciples n’est pas de proclamer la bonne nouvelle sur toutes les places  mais d’entrer en messager de paix dans quelques maisons, pour rester avec les familles, y prendre un peu de nourriture et de boisson. L’annonce du Royaume se fait donc très concrètement et très humainement, dans le partage et l’échange avec des gestes simples. Jésus confie aussi aux disciples la guérison des malades, car c’est le signe visible du salut promis à tous les hommes.

Ainsi les envoyés de Jésus pourront vraiment dire « le règne de Dieu s’est approché »  puisqu’ils l’auront déjà préparé, anticipé à l’échelle humaine dans ces maisons. Ces ferments du Royaume pourront croître, s’étendre avec la grâce de Dieu. Mais Jésus insiste : les hommes restent libres d’accepter ou de refuser de participer au Règne de Dieu. En cas d’échec, les disciples repartent  mais leur parole reste « le règne de Dieu s’est approché ». Ces mots toucheront peut-être plus tard les cœurs.

Croyons vraiment que le règne de Dieu s’est approché, qu’il est au milieu de nous. C’est maintenant que nous le construisons avec la grâce de Dieu. Chaque geste d’amour, chaque parole de consolation, chaque moment de partage permet de vivre déjà dans la joie du Royaume.

Vendredi 2 octobre 2015

sur RCF Haute-Normandie

L’extrait de Matthieu porte sur le même épisode que celui de Luc de lundi dernier. Jésus prend un enfant pour montrer que le petit est grand dans le cœur de Dieu. La mise en garde que profère le Christ est cependant propre à Matthieu : « Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits, car, je vous le dis, aux cieux, leurs anges se tiennent sans cesse en présence de mon Père qui est aux cieux ». C’est pour cette phrase que cet évangile est lu le 2 octobre, jour de fête des anges gardiens, qui suit de quelques jours la fête des archanges.

Comme le demande Jésus dans cet évangile, ayons un cœur d’enfant, un cœur de petit, pour accueillir dans toute sa richesse cette vision des anges. Ceux-ci sont fréquemment mentionnés dans la Bible. Messagers de Dieu, ils sont envoyés sur terre pour annoncer de bonnes nouvelles, comme celle de la naissance du Christ. De manière générale, ils ont pour mission de veiller sur les hommes comme le dit le beau psaume 90 « Les anges te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte les pierres ». Les anges manifestent aussi la grandeur de Dieu et chantent ses louanges : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire. » Lors de la prière eucharistique, nous reprenons ce chant des anges donné par Isaïe. Dans le texte que nous lisons, Jésus évoque les anges des petits qui se tiennent sans cesse en présence de son Père, qui l’adorent sans cesse. Il montre ainsi la relation étroite des petits avec Dieu, de tout homme qui accepte avec confiance sa dépendance au Père.

Les anges, messagers entre Dieu et les hommes, sont le reflet de la relation personnelle du Seigneur avec chacun de nous, de sa présence continuelle en notre cœur. Les anges nous rappellent aussi sa grandeur et son mystère qui échappent à nos capacités humaines. Ils nous invitent à nous approcher de ce mystère par la louange, à nous préparer au Royaume où nous nous tiendrons en présence du Père.

Qu’en cette fête des anges notre cœur d’enfant s’émerveille devant l’horizon infini que nous offre Dieu, devant la grandeur et la beauté qui viennent jusqu’à nous.