Appel décisif des Catéchumènes – 22 février

cat_14-8bc29Premiers personnages mis en scène par Jésus dans la parabole que nous venons d’entendre : les bandits.

Ils se sont installés au bord du chemin, prêts à bondir sur le premier qui passera. Ce sont tous ceux qui organisent leur vie et leur monde en fonction de leurs seuls intérêts et en profitant des autres.

Plusieurs parmi vous m’ont confié que leurs parents ne les avaient pas fait baptiser pour leur laisser le choix mais que rien ne leur avait été proposé ensuite pour découvrir cette religion qu’ils auraient à choisir et, même pour certains, que l’on n’avait pas voulu les envoyer au catéchisme alors qu’ils le souhaitaient.

Cette opposition à permettre à quelqu’un de s’engager sur un chemin qu’il pressent être celui de bonheur où l’on vit pacifié malgré les difficultés de la vie, peut être violente et dramatique comme l’actualité de ces dernières semaines nous l’a rappelé. Elle peut être aussi plus insidieuse ou se traduire en indifférence comme en témoignent le prêtre et le lévite.

Mais elle permet de se reconnaitre dans l’homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho.

En nous racontant cette histoire, Jésus parle aussi de lui. Jérusalem c’est la ville où Dieu manifeste sa présence mais c’est à Jéricho qu’il habite et où il veut se rendre, la cité des hommes, notre monde souvent en proie à la violence et à la haine et que menace de dévorer le mal. Cet homme vient de Dieu vers nous qui sommes en péril. L’arc en ciel aperçu par Noé est le signe d’une alliance : non pas de mort mais de vie commente saint Pierre, non pas seulement pour hier mais pour aujourd’hui et pour toujours.

C’est bien la première expérience que vous avez faite. Sans trop savoir pourquoi et comment vous ressentiez en vous ou près de vous une présence. Vous ne saviez comment la nommer mais elle s’imposait à vous : à l’occasion des obsèques religieuses de grands parents ou de l’absence d’obsèques religieuses de vos proches, en ouvrant la Bible parce que votre professeur vous avait dit qu’il fallait lire un livre religieux, en visitant des églises ou en priant sans trop savoir aussi à qui vous vous vous adressiez.

Jésus, car c’est lui le bon samaritain, était à l’œuvre et se faisait proche. Il a pris le visage de votre ami ou de votre conjoint à qui, parce que vous vous aimez, vous avez ouvert votre cœur jusqu’à cette part intime. « Comme si en rencontrant l’amour de mon mari, je rencontrais l’amour de Dieu » (A.Ch. M.). Il a pris le visage de vos enfants que vous avez accepté de baptiser et que vous avez accompagné dans leur préparation à la première communion. Il a pris le visage de vos accompagnateurs, de vos parrains et marraines, et des prêtres quand, après bien des années d’hésitation et pour quelques-uns avec des doutes et non sans inquiétude, vous vous êtes risqués à demander le baptême. Certains ont tenu à me les nommer personnellement en me confiant ce qu’ils représentaient pour eux. Ils ont été et ils sont pour vous de bons samaritains. Vous pouvez reconnaître en eux le visage de Jésus.

Parce qu’il nous connait chacun par notre nom, par amour, Dieu ne reste pas en lui-même mais il se fait proche. En Jésus de Nazareth il s’est fait l’un de nous. Jésus est présent en toutes celles et tous ceux qui accueillent, accompagnent, portent le fardeau de leurs frères et de leurs sœurs et qui les guident dans leur quête spirituelle.

Enfin il y a l’aubergiste qui accueille le samaritain et l’homme qu’il a soigné. Frères et sœurs, nous sommes les hôteliers de cette auberge qui a pour enseigne l’Eglise que nous formons.

« Au sein de l’Eglise, j’ai découvert un lieu d’accueil, une famille qui ne juge pas et qui accepte tout le monde quel qu’il soit « (R. M.) « Les mots que j’ai entendus lorsque qu’après bien des années j’ai poussé la porte de l’église ont tout de suite fait vibrer par sympathie mon cœur et je me suis dit : Voilà bien un endroit où je souhaite débuter ma vie chrétienne ! » (J. C.).

Et en même temps d’autres écrivent qu’ils savent bien que l’Eglise et sa hiérarchie n’ont pas toujours une bonne image.

Alors « que ferons-nous » pour que ces nouveaux frères et sœurs qui nous seront donnés à Pâques et que nous appelons ce soir se sentent bien chez nous et aient véritablement envie de trouver toute leur place dans l’Eglise ?

C’est bien l’enjeu pastoral de cette année où nous voulons que notre fraternité grandisse et soit plus visible pour donner son crédit à l’Evangile. Jésus, le bon samaritain, nous propose son aide : deux pièces d’argent afin de faire le nécessaire pour ceux qu’il nous confie, et, si nous dépensons davantage, il nous remboursera à son retour.

En racontant cette parabole, Jésus a finalement retourné la question qui lui était posée et la laisse sans réponse. On lui demandait : quel est le prochain que je dois aider ? Il répond : c’est à toi de te faire le prochain de celui que tu rencontres ou que tu accueilles.

Chers amis, dans quelques instants vous allez être appelés l’un après l’autre par votre nom. C’est Dieu lui-même qui vous appelle. Il vous dit ainsi qu’il vous connait et que vous comptez pour lui.

Ensuite sur l’autel qui, au centre de nos églises est le premier signe de la présence du Christ et nous rappelle qu’il a donné et qu’il nous donne sa vie, son Esprit, vous inscrirez votre nom. A Dieu qui se fait votre prochain, vous répondrez ainsi que vous acceptez librement vous aussi de vous faire son prochain.

« Le baptême est (un) engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ », écrit saint Pierre. C’est vivre avec Dieu, c’est dire oui à la vie que Dieu nous offre : elle est force, elle est liberté, elle est paix, elle est tendresse, elle est amour.

« Car sans Dieu, ma vie ne ressemblerait pas à ce qu’elle est. C’est pour cela que je veux le suivre toute ma vie, non par obligation mais par envie d’être toujours dans cette paix, dans cette relation d’amour, de bonheur et vers ce chemin qui est la vie éternelle » (H. A-E.).

22 février 2015 Cathédrale Notre Dame de Rouen