Fête de sainte Jeanne d’Arc – 30 mai

J d'Arc 2015« En un temps de violence et de guerre, tu as donné à une toute jeune fille de témoigner de ta providence et de combattre vaillamment pour la paix. » C’est par ces mots que, dans quelques instants, nous rendrons grâce à Dieu. Nous ajouterons : « Elle a imité la patience du Christ devant ses juges, et sur le bûcher elle s’est abandonnée comme lui entre tes mains. »

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »

Quand elle est condamnée Jeanne d’Arc a 19 ans.

Tout avait commencé dans le jardin de son père à côté de l’église de Domremy. Elle a 13 ans. Elle y entend une voix. Lors du procès où elle sera condamnée, elle déclare qu’elle vient de Dieu. On ne se dérobe pas devant la Parole de Dieu. La passion, l’enthousiasme, une soif de justice et de liberté ont souvent permis à la jeunesse d’infléchir le cours de l’histoire, aux femmes aussi que guide leur sensibilité profonde. Dynamisée par sa foi, Jeanne d’Arc entre en résistance. Non sur un coup de tête mais en mûrissant son engagement pendant trois à quatre ans. Et à 17 ans, rien ne l’arrête plus et ne la fera renoncer à sa mission : ni le scepticisme du dauphin et de ses conseillers, ni les doutes et les moqueries, ni les raisonnements des juges et des théologiens à la solde des Anglais et guidés par l’université de Paris, incapables d’admettre que la réalité ne soit pas celle qu’ils ont décidé qu’elle devait être en fonction de leur conception de la société et de leurs ambitions.

L’espoir renaît.

Détenue et jugée dans des conditions dont il ne faudra pas longtemps pour qu’elles soient déclarées illégales, Jeanne d’Arc reste ferme et fidèle à ses valeurs.

Dans un discours aux évêques de la Province de Normandie (20 septembre 2012), Benoît XVI n’hésite pas à dire que Jeanne d’Arc est « un modèle de sainteté laïque au service du bien commun ». Sa sainteté réside dans la synthèse qu’elle a réalisée entre son expérience spirituelle, sa fidélité à Dieu, et son engagement politique.

Malgré son angoisse et sa peur à l’approche d’une mort affreuse, Jeanne d’Arc serrant une petite croix de bois qu’un soldat anglais a bricolée, s’en remet à Jésus dont par six fois elle crie le Nom au milieu des flammes. Jusqu’aux derniers instants de sa vie, écrit Benoît XVI, ce Nom aura été « comme le souffle incessant de son âme, le battement de son cœur, le centre de toute sa vie. »

C’est dans ce Nom qu’au moment de son baptême, comme chacun de nous, elle a été plongée ; dans ce Nom, c’est-à-dire dans le mystère de Dieu, dans sa vie, dans son amour. Elle dira à plusieurs reprises au cours de son procès qu’elle a été « bien » baptisée. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »

Personne ne peut être saint sans s’aventurer sur ce chemin d’amour emprunté par Jésus et s’y risquer à sa suite. Une mort vécue comme une offrande porte toujours des fruits. Jeanne d’Arc voulait que les Français vivent en paix. Elle ne la verra que partiellement réalisée avant sa mort mais sa construction est engagée. La libération de son pays est une œuvre de justice humaine que Jeanne d’Arc accomplit dans la charité par amour de Dieu.

Les baptisés ont en commun d’avoir à manifester que le monde où ils vivent est aimé de Dieu. Le peuple de Dieu tout entier est porteur de cette Bonne Nouvelle. C’est, en particulier, en nous engageant au service de la cité que nous construirons l’humanité fraternelle où chacun, dans la liberté de sa conscience, pourra se découvrir enfant de Dieu.

C’est l’une des lignes dominantes de la réflexion de l’Eglise tant sur son mystère (Lumen Gentium) que sur sa mission (Gaudium et Spes) au Concile Vatican II dont le pape François nous invite à célébrer le cinquantième anniversaire en vivant une Année Sainte.

Sur ce chemin, sainte Jeanne d’Arc demeure un modèle toujours actuel.

30 mai 2015 Eglise Sainte Jeanne d’Arc de Rouen

Voir les photos des fêtes Jeanne-d’Arc