Festival « Les Nocturnes de la cathédrale de Rouen »

21h. - Cathédrale Notre-Dame à Rouen

TOUS LES MERCREDIS DE L’ÉTÉ – DU 6 JUILLET AU 17 AOÛT 2016 – A 21H

6 juillet : Chœur de l’Eglise Maronite de Francechoeur de l'Eglise maronite

Renseignements : www.festival-nocturnes-rouen.fr  (en cours de mise à jour)

Cette année le festival « Les Nocturnes de la Cathédrale de Rouen » fête son 10e anniversaire. Pour cet événement, Florence Génisson, cheville ouvrière de l’association organisatrice propose un programme particulièrement étoffé et brillant. Présentation.

 Pour le 10e anniversaire des Nocturnes de la Cathédrale de Rouen, sons et poésies s’entremêleront le temps d’une saison d’été. Le choix fut difficile à réaliser tant les idées étaient diverses, variées et intéressantes : œcuménisme, miséricorde, saisons, cycles de la vie, amour, éléments, impressionnisme… Finalement nous avons décidé de toutes les garder et d’y trouver une unité.

Cette unité à travers une « Ode » passant par la voix, le premier instrument de l’homme, et le verbe qui peut à la fois unir ou désunir, déclarer la guerre ou la paix, nous a semblé être une jolie idée. Ce festival qui a vu le jour il y a 10 ans vit grâce à l’amitié indéfectible de quelques personnes discrètes, qui aiment mettre en lumière de jeunes artistes en devenir, et le soutien, entre autres, de la ville de Rouen. Nous avons choisi pour cette saison de réinviter des artistes que nous suivons depuis 10 ans et d’y ajouter quelques nouveaux talents sous le regard bienveillant de deux artistes confirmés de renommée internationale qui ont vu ce festival grandir. Nos artistes ont tous un rapport plus ou moins proche avec la Normandie. Le festival soutient le concours Jacques Lancelot (concours international de clarinette qui se déroule à Rouen tous les 4 ans) depuis sa naissance et essaie dans la mesure du possible de valoriser l’un des lauréats.

Enfin c’est avec grande joie que nous accueillerons, pour débuter ce 10e festival, le 6 juillet 2016 à 21h, un des choeurs de l’Eparchie maronite de France.

Le premier concert de la saison 2016, celle qui marque les dix ans du festival des Nocturnes de la cathédrale de Rouen, sera dédié à la lumière,  illumination des hommes, splendeur des cieux, halo vivement coloré qui tombe des vitraux, clarté en noir et blanc que célèbre ce soir la tradition liturgique maronite. Les concerts de l’été seront d’ailleurs  placés  sous le signe du changement et des échos, de la couleur et des jeux de contrastes.

Les voix s’élèvent, le chant monte, les rayons s’allument, les flammes s’allongent, les ombres reculent. Le rédempteur s’avance hors de l’ombre.   Le premier hymne, composé en l’honneur de la lumière divine, exalte « Jésus, plein du lumière, qui éclaire les créatures. » Ensuite paraît  Marie, dont « l’enfant est une belle aurore. »  Elle incarne  celle « qui n’aura plus de soleil pour lumière pendant le jour [car] l’Eternel sera pour elle une lumière éternelle.»  Le dialogue s’instaure ensuite entre l’opacité moirée et la lueur irisée. On perçoit la tension dramatique entre une obscurité  inquiétante et un éclat bienfaisant. La splendeur solaire du Christ ressuscité dissipe alors « l’armée des ténèbres. » Les litanies de la vierge consacrent enfin le triomphe du jour sur la nuit, la victoire de la vie sur la mort. « Marie, tu as transcendé le soleil et la lune tous les astres qui planent dans le ciel. » La métaphore se file en clair obscur, l’image se reflète, le sens figuré accroit le sens propre en transmuant la lumière physique en rayon de la foi. L’invocation finale à la Vierge compare celle-ci à « l’étoile de l’aurore. » [Elle] brille dans nos temples, et éclaire nos esprits, nos oreilles et nos yeux. »

Chaque homme dans sa nuit il s’agit là d’un beau titre choisi par Julien Green pour déplorer la noirceur oppressante qui enserre le  héros de son roman, toujours seul, silencieux, désespéré. La lumière, source matérielle autant que spirituelle, guide pourtant dans la pénombre ceux qui la cherche ardemment, comme le phare aimante le vaisseau. « Il n’a pas besoin de flambeau celui qui marche éclairé par le ciel. » réplique à Dom Juan la statue du Commandeur.

L’amour utilise également le feu pour  gager ses serments. Ainsi l’écrit Hamlet à Ophélie :

 « Doutez qu’au firmament l’étoile soit de flamme
Doutez que dans les cieux marche l’astre du jour
La sainte vérité doutez-en dans votre âme
Doutez de tout enfin, mais non de mon amour
»

Saint François d’Assise, dans son Cantique des créatures, loue ainsi les luminaires qui sont tout à la fois torches et signes mystiques.

« Loué sois-tu, mon Seigneur,
avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère Soleil,
par qui tu nous donnes le jour,
la lumière :
il est beau, rayonnant
d’une grande splendeur,
et de toi, le Très-Haut,
il nous offre le symbole. »

L’espoir et la douleur évoqués par les chants nous rappellent que la voix reste l’instrument premier de la célébration mais aussi de la déploration. Joie et tristesse se mêlent. Qu’elle soit humaine ou divine, il faut se souvenir aussi que la gloire s’incarne littérairement comme picturalement dans le faisceau et que le terme gloires au pluriel qualifie les trouées, ouvertes dans les nuées, prodigieuses et phosphorescentes, dont les peintres religieux classiques baignaient leurs compositions. Le concert de ce soir est à l’image du violet, couleur première de pénitence et de deuil qui s’atténue mais surtout  couleur de l’entre-monde, teinte située à mi chemin entre le froid et le chaud, nuance qui selon les peintres du XIX siècle congédiait  le jour, ici bas,  au crépuscule, et ouvrait en grand les portes nocturnes de l’au-delà.

 

 

Les équipes de la cathédrale et du festival seront heureuses de vous accueillir pour partager ensemble ces moments de musique, de poésie et de spiritualité.

Florence Génisson

Les portes de la cathédrale s’ouvriront chaque mercredi du 6 juillet au 17 août inclus à 20h30 et les concerts se dérouleront de 21h00 à 22h15. Entrée libre.

 

nocturnes cathédrale

Type : evenement