Commentaire biblique du 19 au 23 septembre 2016 par Soeur D. De Maen

Lundi 19 Septembre :

Cette semaine, dans l’évangile, Jésus nous invite à réfléchir sur l’importance de l’écoute.

Etre vigilant sur  « notre manière d’écouter la Parole» de « bien » l’écouter, avertissement tout à fait bienvenu en ce début d’année où toutes les activités reprennent !

Peut-être, avons-nous pu, durant  cette période estivale pendre une pause salutaire afin de mieux écouter la Parole de Dieu, c’est-à-dire, la laisser nous rejoindre au  point d’en être affectés aux entrailles, d’en goûter la douceur ou l’amertume qu’elle suscite en nous.

Oui, c’est  de cette écoute active dont nous parle Jésus. Cette écoute à laquelle tout homme, toute femme est appelé pour accueillir ce Dieu qui veut se révéler personnellement à chacun de nous : dans cette écoute, Dieu non seulement se révèle à nous mais il nous révèle en même temps notre vocation, ce à quoi nous sommes appelés. D’ailleurs, le premier mot du livre du Deutéronome, ne commence-t-il pas par cette invitation : «Ecoute Israël, le Seigneur ton Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence et tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Ecouter la Parole Dieu,  c’est accueillir son amour et me mettre à aimer mon prochain. Regarder l’autre avec le regard d’amour que le Seigneur a pour moi, le servir comme le Seigneur me sert, dans cette discrète charité qui est le propre de Dieu. N’est-ce pas là notre vocation : « épanouir cet  être de relation qu’à l’image de notre Dieu nous sommes appelés à devenir toujours davantage, sans repli et sans garder ma relation avec Dieu dans le secret.

En ce début de rentrée ne tardons pas à programmer ces temps de pause avec le Seigneur, si courts soient-ils, ils nous permettent de répondre à cet appel du Seigneur : « aime et tu vivras ». Bonne écoute !….

 

Mardi 20 Septembre

Aujourd’hui, c’est par une scène de la vie quotidienne de Jésus que nous sommes invités à entrer davantage dans l’importance de l’écoute de la Parole.

Jésus est entouré d’une grande foule qui écoute sa Parole. Prenons le temps d’imaginer cette foule qui se serre contre Jésus pour ne pas perdre un mot de ce qu’il dit.

Or voici que sa mère et ses frères veulent le voir. Alors Jésus répond : « ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent. » Et Marie est celle qui a profondément écouté la Parole.

Cette réponse qui peut paraitre un peu rude, peut permettre à la mère et aux frères de Jésus de pénétrer un peu plus le mystère de cet homme Jésus, qui est le fils de Marie, le frère de ses frères. Jésus se révèle là dans sa mission de Fils de Dieu : tout donné aux autres parce que tout donné à son Père.

Oui, comme toute famille humaine, la famille de Jésus découvre progressivement la vocation de leur fils ou de leur frère.

Cette Parole : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent ma Parole », peut nous étonner, et pourtant n’est-ce pas là la condition première pour qu’un enfant dans chacune de nos familles réponde  à sa vocation : que les parents sachent accueillir cette part d’inconnu qui habite leur enfant ?  Les parents sont alors invités à se mettre à l’écoute de Celui qui est la source de la vie véritable. Par cette écoute de la Parole, les parents accueillent non seulement la vocation de leur enfant mais aussi la leur toujours en devenir.  N’est-ce pas parfois les enfants qui permettent aux parents de revenir au Seigneur ?

Ainsi que le disait Jean le Baptiste :  « il faut qu’il croisse et que je diminue, telle est ma joie, elle est parfaite. »

Mercredi 21 Septembre

En cette fête de St Matthieu, prenons encore le temps de nous mettre à l’écoute de cette parole qui a changé sa vie.

Matthieu est assis à son bureau de publicain. Les publicains sont des personnes que la conduite de vie empêche de se tenir en présence du Seigneur, selon la religion juive. Voilà Jésus, dont la renommée se répand comme prophète et même davantage ! Il est  celui qui parle de  Dieu comme d’un Père si aimant qu’il est capable de pardonner à ses fils leur mauvaise vie pour les accueillir comme ses enfants bien-aimés. Alors,  contemplons Jésus :

En premier lieu, Jésus voit cet homme, il pose son regard sur lui. Restons un instant sur ce regard : certainement un regard qui parle, un regard plein de bonté, un regard qui relève et réchauffe, un regard personnel. Oui, écouter Jésus c’est aussi se laisser regarder par lui, se laisser approcher sans peur.

Restons un instant comme Matthieu sous ce regard de Jésus plein de vie.

Puis, entendons cette Parole : « Viens suis-moi ». Ne suis-je pas alors comme Matthieu, prêt à me lever et à oser la rencontre vers Celui qui me révèle que j’ai du prix aux yeux du Seigneur, que je vaux plus que les apparences, que  mon humanité blessée peut guérir par ce regard posé sur moi, plein de confiance et de sollicitude?

Alors oui, écouter Jésus, laisser son regard se poser sur moi, c’est apprendre de lui à m’accueillir et à accueillir le monde qui m’entoure  pour plus de vie  reçue et offerte. Alors, laissons-nous regarder par Jésus, il a tant de choses à nous dire…

Jeudi 22 Septembre

Aujourd’hui, l’évangile nous invite à contempler comment la Parole de Jésus peut interroger un homme tel qu’Hérode qui est éloigné de l’annonce de la Bonne Nouvelle. L’évangile nous invite à chercher Jésus de manière intérieure.

Oui, qui que nous soyons, Jésus à un moment de notre vie, peut nous interroger, les circonstances peuvent être multiples mais l’interrogation révèle toujours un désir à oser laisser venir au jour.

Pensons dans l’évangile aux hommes et aux femmes qui cherchent à voir Jésus par tous les moyens possibles et imaginables, par exemple à l’aveugle qui se met à courir vers Jésus en jetant son manteau ou au paralysé de Bethesda, chaque fois, Jésus leur demande : « que veux-tu que je fasse pour toi » ? Quel est ton désir ? Ton véritable désir ?

A chacun de nous, Jésus le demande aussi, par exemple quand nous prenons le temps de nous arrêter pour écouter sa Parole : au début de la prière nous sommes invités à dire au Seigneur : « ce que je veux et désire ».  Je me dis parfois : « A quoi cela sert-il, Dieu sait bien ce dont j’ai besoin ? » « Comment oser dire « je veux » au Seigneur, n’est-ce pas présomptueux ? » Il faut parfois demander d’être accompagné sur ce chemin (par exemple lors d’une retraite dans la vie, sans quitter ma vie de tous les jours) être accompagné afin que progressivement de demande en demande je parvienne à  dépasser les obstacles et à accueillir mon désir profondément enfoui. Ainsi nommé, ce désir me mettra en route sur mon chemin de vie. Il me donnera de faire le pas qui jusque-là était impossible à faire. Le pas vers plus d’amour par exemple : vers le pardon, vers un engagement durable dans le travail, le service de l’Eglise, le mariage ou la vie sacerdotale, ou religieuse. Alors, prenons notre désir au sérieux, c’est là  où Dieu nous parle.

Vendredi 23 Septembre

Aujourd’hui, nous contemplons dans le texte, Jésus qui à l’écart, prie son père, Jésus écoute son Père. Oui, pour écouter le Père, cette mise à l’écart est nécessaire, à chacun de trouver son lieu, d’en prendre les moyens : ma chambre, une église, un oratoire, une communauté religieuse, la rue, le train ou le métro ? A chacun de trouver le lieu qui lui correspond le mieux dans la réalité de sa vie quotidienne.

Puis, fort de cette rencontre avec le Père, Jésus revient vers ses disciples à qui il pose cette question : « pour vous qui suis-je ? » Pierre lui répond aussitôt. Apparemment la réponse est bonne mais trop rapide peut-être. Comme si Jésus se sentait enfermé dans cette définition qui met sa vie en danger. Jésus ne se conquiert pas, connaitre Jésus Fils de Dieu n’est pas de l’ordre de la conquête ainsi que nous le dit la première lecture :

« L’homme est incapable d’embrasser toute l’œuvre de Dieu » nous dit l’Ecclésiaste. En effet, Dieu ne se conquiert pas, il s’accueille. Il est Celui qui se propose à moi, s’expose même ! mais ne s’impose jamais. Il est l’amant du Cantique des cantiques qui court par monts et par vaux à la recherche de sa Bien-aimée, Dieu n’a de cesse de se donner.

La prière, c’est bien Dieu qui me rejoint et m’invite ainsi à le chercher encore et toujours. Dans sa Parole mais aussi dans ma vie : dans cet enfant dont le sourire me redonne souffle, dans ce malade qui m’accueille si joyeusement, dans ce collègue qui a vu ma tristesse et m’a invité à sa table, Dieu est là.

Quel n’est pas en effet l’étonnement des personnes que j’accompagne en constatant que plus ils avancent vers Dieu plus ils ont envie d’avancer, ils découvrent qu’ils ne sont jamais arrivés, et le goût de  chercher Dieu en est d’autant plus ravivé !…Soyons ces joyeux témoins d’un Dieu qui n’existe qu’en se donnant et en se donnant encore….