Prévention et actions dans le diocèse de Rouen

Depuis le rapport Sauvé (octobre 2021), un travail de fond a été entrepris pour évaluer nos pratiques et ensemble, faire de l’Eglise une Maison Sûre. Le diocèse de Rouen développe plusieurs actions concrètes pour garantir la sécurité et le bien-être des jeunes dans toutes les structures diocésaines accueillant des mineurs (camps, pèlerinages, patronages, aumôneries, retraites, etc.).

  • Journée de sensibilisation

Des journées de sensibilisation peuvent être proposées à tous ceux en charge de l’encadrement de mineurs : enseignement catholique, patronages, directeurs et animateurs de camps, responsables d’aumôneries, catéchistes, mouvements scouts, etc. À titre indicatif, vous trouverez sous ce lien le livret édité à l’occasion de la journée du 30 novembre 2024.

  • Accompagnement des directeurs de camp

Un livret de formation à l’affectivité a été élaboré pour accompagner les directeurs de camp dans l’appréhension de cette thématique et développer une culture commune de vigilance et de bienveillance. Cet outil leur permet d’ouvrir le dialogue avec les animateurs sur la question des abus avant le démarrage du camp et d’engager des actions préventives concrètes, assurant ainsi aux jeunes participants un camp en totale sécurité physique, affective et spirituelle.

  • Être animateur, être responsable

1/ À l’occasion de chaque camp ou pèlerinage, il est demandé aux directeurs et animateurs de :

-Suivre une session de sensibilisation en ligne issue de la plateforme Jonas pour prévenir la pédocriminalité.

Signer en ligne la charte de bientraitance éditée par la Conférence des Évêques de France et de s’engager à respecter les 5 points essentiels.

-Insérer dans les livrets de camps une fiche, à destination des jeunes, sur la prévention des abus sur mineurs, ainsi qu’une fiche complémentaire, partagée avec les animateurs à l’occasion de la préparation des camps.

Les mesures de prudence ci-dessus visent à protéger les jeunes de toute atteinte et à prévenir les fausses accusations. Elles s’appliquent sans exception à tous les responsables, animateurs et intervenants au sein des camps et pèlerinages. Elles sont présentées aux animateurs avant chaque camp et portées à la connaissance des familles et des jeunes.

2/ Au-delà de ces mesures, les accompagnateurs sont invités à s’interroger sur leurs motivations, leurs postures, leurs attitudes et leurs limites dans leurs relations avec les jeunes. De même, si l’attitude d’un jeune ou d’un animateur semble ambiguë, il convient d’en référer immédiatement au directeur de camp. Un comportement exemplaire fondé sur la confiance, l’écoute et la bienveillance est attendu. Les interdictions et obligations énoncées ci-dessous visent à prévenir tout abus, toute situation inappropriée ou tout risque pour les jeunes. Bien que cette liste ne soit pas exhaustive, elle établit un cadre clair de ce qui est prohibé et de ce qui est attendu. Tout manquement à l’une de ces dispositions entraînera des mesures immédiates de la part des organisateurs :

Comportements interdits

Cette liste n’est pas exhaustive. D’autres comportements, non repris ici, pourraient donc s’avérer également répréhensibles. Ce qui est prioritaire, c’est d’avoir un comportement respectueux comme décrit ci-dessus. Il est donc interdit :

  • D’être sous l’influence de l’alcool (ou de la drogue) ou les consommer en présence de mineurs. Il est également interdit de leur procurer de l’alcool ou de la drogue ou de leur permettre d’en consommer ;
  • De tenir des conversations à orientation sexuelle – y compris par les moyens électroniques de communication. Il est tout aussi interdit de s’entretenir avec les mineurs de ses propres expériences ou de son histoire sexuelle ;
  • D’être nu, notamment pour changer de vêtements ou pour se laver, en présence de mineurs, ou être présent quand des mineurs sont nus (sauf en cas de nécessité pour des personnes ne pouvant se laver ou ayant besoin d’aide. La présence d’autres animateurs et jeunes est alors requise. Des alternatives, comme le port du maillot de bain pour le jeune, seront à envisager.)
  • De mettre à la disposition des mineurs des matériaux imprimés ou électroniques à contenu pornographique ou érotique ;
  • De passer la nuit avec des mineurs dans la même pièce, sauf si une situation particulière et connue de l’ensemble de l’équipe le demande. La présence d’un autre animateur sera alors requise.
  • De rencontrer des mineurs, seul à seul dans un endroit isolé ou dans un espace dont la porte n’est pas vitrée ou dont la porte ne peut pas rester ouverte, notamment dans le cadre de l’infirmerie. Privilégier toujours la présence d’un autre adulte ou à défaut d’un autre jeune, y compris pour l’infirmerie. Les éducateurs ne recevront pas les mineurs dans leur chambre ou dans un lieu privé ;
  • D’avoir des contacts sexuels avec des mineurs. Par « contact sexuel », on entend tout attouchement ou caresse des parties sexuelles intimes d’une personne dans le but de satisfaire les désirs sexuels. Cela concerne aussi bien l’attouchement de la victime par l’acteur que réciproquement, de manière directe comme à travers les vêtements ;
  • De susciter ou permettre à un mineur de prendre part à une activité sexuelle ;
  • De prendre des sanctions corporelles à l’égard des mineurs ou exercer toute forme de violence, quelle qu’elle soit.

En cas de manquement à ces dispositions, le directeur prendra, sur le champ, les décisions qui s’imposent.

Comportements souhaités

Les animateurs sont tenus :

  • De considérer les jeunes avec respect et de les reconnaître comme personne, avec leurs besoins et leurs droits propres, d’être attentifs à leurs idées et à leurs réflexions, et de les associer activement aux décisions qui les concernent ;
  • De veiller à ce que soient respectés leurs droits ;
  • D’être en relation avec eux sur une base de confiance et d’estime mutuelles ;
  • De leur offrir un appui exempt de tout esprit possessif, exclusif, intrusif ou d’emprise, notamment dans le cadre d’accompagnement ou de la confession ; pendant et après les camps, il est aussi demandé de ne pas entrer dans ce type de relation (par courrier, internet etc.) dans un sens comme dans l’autre.
  • De leur faire prendre conscience de ce qui est acceptable et ne l’est pas, tant dans les relations avec les autres les jeunes que dans la fréquentation des adultes ;
  • De favoriser une culture d’ouverture, leur permettant d’exprimer leurs questionnements et leurs problèmes ;
  • D’éviter des situations délicates qui peuvent mener à des insinuations ou à des accusations ;
  • D’éviter des situations où l’on s’isole avec des jeunes, ou des activités sans témoin.