Mission en Haïti

A l’automne dernier, Stéphane et Marie Rondeau sont partis en Haïti avec leurs trois filles, envoyés par la DCC.

« Nous avons la chance d’inaugurer une maison en paille construite l’an dernier par Architectes sans frontières comme prototype ! Elle est censée être un peu moins chaude et un peu moins sonore… Pour l’instant elle n’a pas souhaité ressembler à la maison des trois petits cochons malgré les orages tropicaux !! Ouf ! […]

Nous avons aussi débuté notre travail au Centre Pédiatrique Marie Poussepin. Ce centre a ouvert en 2015, suite à la destruction d’un premier dispensaire dans Port au Prince à cause du séisme de 2010. Il est géré par les sœurs Dominicaines de la Présentation de Marie.
Stéphane y assure des consultations de pédiatrie générale en créole. Marie assure des consultations de sage-femme et se familiarise avec les nombreuses croyances populaires. Ce n’est pas toujours évident de constater que certaines familles ne peuvent se procurer les traitements prescrits faute de moyens, ce qui aboutit parfois à des situations catastrophiques.

Dans un pays comme Haïti où 60% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, et où un grande partie des produits de consommation courante (y compris le riz, aliment du quotidien) est importée des Etats Unis, la faiblesse du cours de la gourde fait flamber les prix de façon très nette. Ajoutez à cela des promesses de campagne non tenues (« chaque haïtien aura accès à l’électricité 24/24 et 7/7 », « la nourriture dans toutes les assiettes et l’argent dans toutes les poches ») le taux de chômage de 70% et le fait que de nombreux quartiers extrêmement pauvres soient tenus par des gangs armés, et en complément un scandale nommé « petrocaribe » dans lequel le président actuel est soupçonné d’avoir trempé, vous avez là un cocktail explosif dont on ne sait pas très bien comment le pays va se sortir. Manifestations violentes, barrages de pneus enflammés et barricades avec rançonnement ou caillassage des rares véhicules qui osent sortir, tirs, population qui est dans l’incapacité de se ravitailler… sont le quotidien […] dans un pays sans assurances, sans forces de l’ordre pouvant limiter les débordements, et sans promesse de lendemains meilleurs. […]

Nous voici maintenant depuis trois bons mois en terre haïtienne, ce qui nous permet d’entrevoir un peu les habitudes déjà prises, et celles que nous n’arriverons pas à prendre, les petits deuils du quotidien qui continueront à nous rappeler que nous ne sommes pas nés ici ! Au rang de ceux-ci, le manque de diversité alimentaire et la promiscuité nous disent la chance que nous avons d’être nés en France. Le fait d’être étrangers dans un pays dont nous ne maitrisons pas les codes, sans véhicule, nous met dans une situation de dépendance. Ce n’est pas facile à vivre au quotidien, mais une expérience riche. »

Tract d’information sur le parrainage

Dons par chèque à l’ordre de « Agir pour l’enfant » ou par virement (coordonnées bancaires disponibles au secrétariat).