Journée de la vie consacrée et marche pour les vocations – Collégiale de Eu

Collégiale de Eu

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Conférence de Soeur Caterina Angela : la bienveillance dans la vie religieuse

Quatrième dimanche de Pâques
Journée de la vie consacrée et marche pour les vocations
Collégiale de Eu (Paroisse St Michel de Eu sur Bresle et Yères)

Lectures de la messe : Livre des Actes des Apôtres (Ac, 14a.36-41) ; Psaume 22 ; Première lettre de saint Pierre apôtre (2, 20b-25) ; Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10, 1-10)

Homélie

« Les auditeurs furent touchés au cœur » (Ac 2, 37). Le jour de Pentecôte, le discours de Pierre touche au cœur.

Frères et sœurs consacrés, nous avons été touchés au cœur. Et c’est pourquoi nous avons répondu à l’appel du Seigneur, c’est pourquoi nous avons décidé de donner notre vie à Dieu.

Récemment, je suis allé à Sées dans l’Orne. J’ai voulu aller sur la tombe de l’abbé Caillon, un prêtre qui en 1972 m’avait touché au cœur par son homélie sur St Jean-Marie Vianney. J’avais 15 ans. St Laurent O’Tool a été touché au monastère de St Kevin de Glendalough. Il venait d’être libéré  à l’âge de 12 ans après deux années très difficiles comme otage. Il fait alors le choix de rester au monastère quand son père vient le chercher.

Aujourd’hui encore et tout au long de notre vie, nous pouvons être touchés par une parole, par un geste, par Jésus lui-même, ou par un de ses disciples. Le Bon pasteur nous aime. Il nous appelle chacun par notre nom (cf. Jn 10, 3). Il connaît notre histoire, nos sentiments. Il nous rejoint, parfois au moment d’une forte épreuve.

Alors vient la question, comme une réponse : « Frères, que devons-nous faire ?» (Ac 2, 37). Belle question posée par les auditeurs. Elle est belle, car elle commence par « frères ». C’est une appellation nouvelle et forte.

Ils sont devenus des frères. Peut-être sommes-nous trop habitués à dire « sœur » ou « frère » à un religieux consacré, sans mesurer le réalisme de ce mot. Ce n’est pas un titre, c’est une réalité ! Oui, nous sommes enfants du même Père qui est Dieu ; oui, nous sommes de la même famille que Jésus. D’une certaine manière aussi, nous sommes également engendrés par l’Eglise, notre mère. Il m’est arrivé d’entendre quelqu’un me dire : « votre Maman doit être contente d’avoir un fils prêtre ». J’espère qu’elle est d’abord heureuse d’avoir un fils frère de Jésus ! Êtes-vous fiers et heureux d’être frère, d’être sœur de Jésus ?

« Frères que devons-nous faire ? » La question est belle car elle ouvre un avenir. Les auditeurs ont confiance, sont disponibles, cherchent leur voie. Je suis sûr que des jeunes se posent la question : que dois-je faire ? Puissent de nombreux jeunes demander à l’Eglise : « Que dois-je faire ? » Oserons-nous leur dire : tu peux être prêtre, tu peux être religieux ou religieuse, consacré ? Oserons-nous répondre comme Pierre ?

Car la réponse n’est pas moins forte : « Convertissez-vous, et que chacun se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour le pardon des péchés » (Ac 2, 38).

« Convertissez-vous ! » Parfois, baptisés à la naissance ou peu de temps après, nous croyons que la conversion n’est pas à opérer. Se convertir et être baptisé ; être baptisé et se convertir vont de pair. Etre consacré, c’est entrer définitivement dans la conversion pour le pardon des péchés. Nous avons tous à nous convertir, consacrés, baptisés, chercheurs de Dieu. Nous avons à devenir « les brebis qui écoutent sa voix » (Jn 10, 3), et non d’autres sirènes : notre amour-propre, la reconnaissance, l’argent. Nous avons à chercher le bonheur en passant par Jésus, comme on franchit une porte (cf. Jn 10, 2), et non en cherchant quelques avantages au détriment des autres, quelques protections en laissant les autres dériver.

Le pâturage que Jésus, le bon berger, propose est d’ailleurs plus à l’extérieur qu’à l’intérieur : « Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage » (Jn 10, 9).

Frères et sœurs, être consacrés nous unit au bon pasteur ; être consacrés ne nous enferme pas et ne nous donne pas un abri clos ou anti-tentation du monde, même si nous sommes dans un monastère. Nous sommes invités à sortir de nous-mêmes, à la rencontre du monde, en compagnie de Jésus, comme Jésus est sorti du Père pour nous rejoindre, pour nous aimer.

Rendons grâce à Dieu pour l’appel entendu et qui nous a touché ; rendons grâce pour la mission qui s’accompagne de la conversion ; demandons sans cesse à Dieu cette grâce de conversion à son amour, confiant dans la promesse de Jésus relayé par Pierre : « vous recevrez alors le don du Saint-Esprit » (Ac 2, 38).

✠  Dominique Lebrun
Archevêque de Rouen.

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