Commentaires d’évangile – 19 au 23 juin 2017, par Alain de Valon

COMMENTAIRES D’EVANGILE

Semaine du 19 au 23 juin 2017

Lundi  19  juin 2017  (Mt 5, 38-42)

Aujourd’hui, l’évangile de St. Matthieu nous montre Jésus continuant son « Sermon sur la montagne », et précisant un certain nombre de conseils exigeants, qui paraissent aller croissant chaque jour un peu plus. Ce qu’Il propose aujourd’hui peut paraitre bizarre : donner encore plus à celui qui vient de nous voler ? S’offrir aux coups de celui qui vient de nous frapper ?                                                                                                                                   Voilà un enseignement de Jésus difficile à mettre en pratique, et qui demande que son Esprit vive en nous. Nous sentons bien quand quelqu’un cherche la bagarre, et nous cherchons à nous défendre. Qui n’a jamais fait l’expérience de se sentir injustement attaqué ? Le désir qui monte alors du cœur est souvent de recevoir réparation. La marche à suivre que Jésus préconise est de ne pas suivre les réflexes humains si souvent motivés par la peur !

La loi « œil pour œil », énoncée au Deutéronome, était déjà une grande avancée pour le peuple hébreu : en prescrivant de ne rendre que le même mal pour un mal, elle mettait un frein à la possibilité d’une vengeance excessive. C’était limiter à une simple égalité la possibilité de réparation des torts : pas plus d’un œil pour un œil était suffisant, et admis.

Aujourd’hui, Jésus n’abolit pas la Loi, mais Il l’accomplit, c’est-à-dire, la mène à son aboutissement, à sa perfection. Pour désamorcer la violence, Il propose une autre voie que la riposte. La marche à suivre qu’Il préconise est de ne pas suivre les réflexes humains si souvent motivés par la peur ! Il ne s’agit pas de ne pas lutter contre le mal  extérieur, mais de combattre aussi celui qui est en nous, et de trouver l’attitude intérieure qui fait grandir.  Jésus nous apprend le chemin de la non-violence. Et c’est ainsi qu’il a agi, au moment de sa Passion : giflé par les soldats, dépouillé de sa tunique, épuisé par le poids de sa croix… Un tel héroïsme ne nous est pas demandé. Mais il nous est demandé d’aimer.                  Seigneur Jésus, donne-nous la grâce de ton amour, afin d’avoir le désir et la force d’œuvrer avec Toi pour la paix.

Mardi  20  juin 2017  (Mt 5, 43-48)

Dans l’évangile de ce matin, St. Matthieu nous montre à quel niveau s’élève l’ambition de Jésus  pour nous : Il nous demande d’aimer ceux qui nous haïssent et de les traiter avec autant d’égards que s’ils étaient nos amis… Voilà qui sort de l’ordinaire !                         Jésus nous fait comprendre qu’aimer doit se traduire par des actes, et fait l’objet d’un impératif. C’est quelque chose qui doit donc dépendre de nous. Aimer est un choix : notre attitude doit être identique, qu’elle s’adresse à notre prochain ou à nos ennemis. C’est ainsi que l’Esprit pourra former un amour tel que Jésus le désire, un amour inconditionnel, celui que Jésus nous fait entrevoir, et qui est dans le cœur de son Père et notre Père.

Devant cette parole de Jésus, nous sommes si impuissants ! En effet, si souvent, nous n’aimons que ceux qui nous aiment, nous ne connaissons que nos semblables ! Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Là, tout est dit : oui, il y a encore en nous des restes de païens… L’évangile n’a pas encore transformé notre cœur…                                                 Dieu nous demande d’aimer nos ennemis, à la manière dont Jésus a aimé les hommes, pour que nous entrions dans un amour beaucoup plus large que notre cœur. Cet amour nous guérit de l’emprise du mal en nous. Aimer et prier pour nos ennemis, cela nous fait du bien, mais cela fait aussi du bien à tous les hommes.                                                                        Confions-nous à cet amour qui nous unit au Père et au Fils pour le salut du monde. Notre Père des cieux fait lever le soleil sur les bons et sur les méchants, Il fait tomber la pluie sur les justes et les injustes.  Pour Lui, pas d’ennemis : tous les hommes sont ses fils, tous, mais aussi chacun personnellement.                                                                                           Seigneur Jésus, donne-nous la grâce de pouvoir faire quotidiennement de petits actes d’amour, en dépit et au-delà de nos résistances : ils seront les pierres pour bâtir un monde plus fraternel sous le regard du Père de tous les hommes, nos frères.

Mercredi  21  juin 2017  (Mt 6, 1 – 6 . 16 – 18)

Aujourd’hui, dans l’évangile de Matthieu, Jésus nous dit que ce que nous faisons « pour être vu des hommes », et avec quelles démonstrations ridicules, Dieu ne le voit même pas. Mais ce qui est fait pour Lui, et seulement pour Lui, n’échappe pas à son regard, parce qu’il en est touché, et qu’Il y attache un grand prix. Non seulement notre Père a de très bons yeux pour voir le fond de notre cœur, mais son regard est bienveillant. Il ne donne pas de punitions, Il donne la vie !                                                                                                                  Bien sûr, nous n’avons pas souvent la tentation d’agir dans l’intention de nous donner en spectacle, mais Jésus est plus perspicace que cela. Il ne vise pas seulement la vanité de tous ceux qui cherchent à attirer l’attention sur eux ; nous avons quelque part un certain souci de ce qu’on va penser de nous, souci qui reste souvent dissimulé au fond de nos calculs les plus désintéressés ; dissimulé, mais bien présent. Sans doute serait-il vain de chercher à le déraciner radicalement. Et peut-être même nous priverions-nous ainsi d’un des organes nécessaires à notre moteur psychologique…

Mais pour Jésus, le vrai travail est intérieur. C’est pourquoi Il invite ses disciples à ne pas jouer sur les apparences, mais à approfondir leur engagement profond : partager, prier, jeûner en secret… Cela signifie : agir toujours sous le regard du Père, en référence à Dieu, et à Dieu seulement. Est-ce possible ? S’alléger au fil des jours du regard d’autrui, et même de notre propre regard sur nous-mêmes. Oh ! Quelle préoccupation envahissante que ce regard si nous n’y prenons pas garde. C’est un défi lancé à tous ceux qui veulent afficher leur nom, dans tous les domaines… Se faire voir pour exister !

Cherchons plutôt à ne pas briller, mais à brûler… Lorsque tu pries, tiens – toi dans le secret, ferme ta porte. Car tout est de Lui, et par Lui, et pour Lui. Quoi que nous fassions, c’est bien dans le secret que nous L’appelons : Abba. C’est dans le secret qu’Il nous comblera de sa plénitude !

 

Jeudi  22  juin 2017  (Mt 6, 7 – 15)

La prière que Jésus a apprise à ses disciples nous est donnée ce matin dans l’évangile de Matthieu. Elle est une prière de communion. Communion avec le Fils, avec qui nous osons dire à Dieu : « Père », et qui met en notre bouche ses propres mots, pour que nous connaissions le visage de miséricorde de Dieu et pour que le Père reconnaisse en nous ses enfants bien-aimés. Mais aussi, communion avec l’Eglise qui la répète depuis l’origine. Quand nous prions, ce n’est pas pour faire connaître à Dieu nos besoins, ni nos pensées. Il les connait, avant nous et mieux que nous. C’est pour entrer avec Lui en dialogue et en partage.                                                                                                                                                           Au cœur de cette prière, la demande du pain : le pain de chaque jour, qui assure notre vie matérielle ; et le pain qui donne la vie éternelle et que nous recevons dans la Parole de Dieu et  dans la communion eucharistique.                                                                                Combien de fois n’avons-nous pas le sentiment de rabâcher, même lorsque nous prions cette prière extraordinaire du Notre-Père. Jésus insiste sur notre engagement concret dans la prière. En demandant le pardon de nos offenses, nous ne pouvons que pardonner, ou tout au moins, vouloir pardonner et nous mettre en route pour pardonner.  Nous savons bien que le pardon sera toujours à donner et à recevoir, souvent pour les mêmes raisons. La prière du Notre-Père nous met en présence de Dieu, et nous sommes appelés à Le découvrir toujours plus à travers son pardon et dans nos relations aux autres.                          Et quand nous prions Dieu de nous délivrer du mal, nous L’invitons à se faire proche de nous pour traverser l’épreuve avec Lui, sans désespérer et en gardant foi en la vie. Plus encore, nous Lui demandons de nous rendre libres du mal qui est en nous : libère-nous, Seigneur, des chaines de la violence sans fin, de la tentation de répondre au mal par le mal. Délivre-nous du mal revient à dire : « Apprends-nous à aimer » !

Seigneur Jésus, donne-nous la grâce que notre vie, par cette prière, devienne de plus en plus une vie de communion avec tous nos frères, qui sont les fils, proches ou lointains, de l’unique Père.

 

Vendredi  23  juin 2017  (Mt 11, 25-30 )

St. Matthieu nous dévoile ce matin un des temps forts de la vie de Jésus : la profondeur de sa prière. En effet, on voit Jésus bénir son Père parce qu’Il permet que soient révélés aux tout petits les mystères du Royaume. Jésus est venu dans le monde pour faire connaître l’amour du Père pour nous tous. Il ne s’adresse pas qu’aux sages et aux savants qui approfondissent les Ecritures, car ceux-ci sont persuadés qu’ils connaissent tout de Dieu, donc ils ne cherchent pas à écouter pour apprendre ou accueillir la nouveauté annoncée par Jésus. Mais Jésus s’adresse aussi à ceux qui connaissent leur faiblesse, leur ignorance des mystères de l’amour, et qui ont un cœur disponible pour apprendre. Jésus révèle ainsi le Père à ceux qui marchent à sa suite sur le chemin inauguré par le « Sermon sur la montagne »                                                                                                                                            En toute humilité, parce que : « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père », c’est à nous de nous  efforcer d’approfondir notre connaissance de Jésus–Christ, par l’écoute de sa Parole, et par l’Eucharistie. Le Père alors nous révèle le Fils. Il nous Le révèle comme le Messie, immolé sur la croix par amour pour nous, puis glorifié.                                                                          Personne non plus « ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut Le révéler ». Nous ne pouvons regarder le Père qu’en passant par le regard du Fils ; nous ne pouvons parler au Père qu’avec les paroles révélées par le Fils. Et ce regard qui touche le Père, ces paroles qui Le rejoignent, Jésus les enseigne aux humbles, aux hommes de bonne volonté, à tous ceux qui acceptent de se mettre à son école.                                                                          Enfin, Jésus nous dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, je vous procurerai le repos » ; Il fait ainsi allusion par cette image à la lourde discipline religieuse dont les scribes et pharisiens chargeaient les épaules des gens, discipline presque impossible à respecter. Quel est le joug porté par le Christ avec nous ? C’est celui du commandement de l’Amour. Aimer Dieu, de tout son cœur et de toute son âme, et aimer son prochain comme soi-même, c’est effectivement difficile à porter pour chacun de nous. Mais avec le Christ, ce joug devient plus léger et le fardeau se porte plus aisément, car Jésus nous donne en même temps la joie du Royaume, et le bonheur de nous savoir aimés et pardonnés.

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