Méditation de Carême

Qui n’a jamais eu le cœur lourd en poussant la porte de son église ? Qui n’a jamais regretté cette parole blessante creusant un fossé de plus en plus profond ? Chaque dimanche, dans le secret de nos cœurs, ce sont les joies et les peines de la semaine que nous offrons au Seigneur. Mais, nous ne sommes pas seuls dans cette église. Dieu nous a donné des frères à aimer et à supporter : c’est là notre chance mais aussi notre défi ! L’amour de Dieu et l’amour du prochain sont indissociables.

Alors, Jésus nous demande de ne pas suivre simplement des règles mais de nous impliquer intensément et personnellement. Il ne suffit pas de rester à la surface des choses. Il ne suffit pas de ne pas « tuer notre prochain ». Dans chaque acte que nous posons, dans chaque parole que nous prononçons, dans chaque regard que nous portons, nous devons nous revêtir de l’Amour du Christ.

Œuvrons pour que nos communautés paroissiales soient des lieux de pénitence, de fraternité et de charité.
Confions à Dieu nos difficultés et demandons-lui la force d’aller nous réconcilier avec notre frère que nous avons blessé.

Caroline et Jean-Marc Létondot

Retrouvez toutes les méditations du temps de Carême

 « Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans la pièce la plus retirée, ferme la porte et prie ton Père qui est présent dans le secret, ton Père qui voit dans le secret te le rendra ». (Mt, ch. 6)

Le Mercredi des cendres, en nous faisant entrer dans les 40 jours du Carême, nous rappelle à travers l’évangile de saint Matthieu, les 3 grands axes de la conversion : L’aumône, la prière et le jeûne.

La prière, ainsi située, s’offre comme charnière entre l’aumône et le jeûne !

Prier, me retirer en silence, dans le secret de mon cœur, de ma plus grande intimité, ce que saint François de Sales appelle « la fine pointe de l’âme » c’est fermer la porte à toutes les injonctions qu’elles soient familiales, politiques, économiques, publicitaires et  même religieuses.

Prier c’est me retrouver unique devant le Père qui m’espère, et aimé comme Jésus Lui-même a été aimé.

C’est ainsi que je me découvre fort et faible, en  situation de précarité car je n’ai pas fait le bien que je voulais faire et fais le mal que je ne voulais pas comme le dit saint Paul. Mais c’est avec la miséricorde du Père que je me relève et retrouve le but de la création, ma mission de baptisé, le sens de la justice et du partage à mettre en pratique, un goût plus grand du service en Eglise. Jour après jour  ma conversion se fera avec l’aide de l’Esprit Saint.

C’est cette prière intime, personnelle, renouvelée qui m’ouvre d’un côté à l’aumône, au don sans attente de retour, et de l’autre au jeûne qui me rappelle que je ne vis pas seulement de pain mais aussi de la Parole du Père. Prier chaque jour et se tenir vivant devant la lumière du Père, le don du Fils  et la force de l’Esprit, voilà qui me mène sur le chemin de Pâques, dans la Paix et l’Espérance, pourquoi pas dans la joie ? Je peux aussi m’offrir au Seigneur pour qu’Il puisse trouver en moi sa joie !

 Alors, n’est-il pas venu le temps de prendre une résolution concernant la prière en cette aube du Carême ?

Françoise Langlois,
Service de Vie Spirituelle

« Choisis donc la vie pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu » (Dt 30, 15-20)

Cet extrait du Deutéronome nous rappelle l’importance du choix, libre, fait maintenant et ici, sur cette terre et dans ce monde.

Choisir la vie, aimer le Seigneur, c’est choisir le bonheur !
Pas toujours facile quand on est cerné par les difficultés de travail ou de santé, familiales ou relationnelles. On a même l’impression souvent de ne pas avoir le choix.

La situation sanitaire nous impose des contraintes, choisir la vie, c’est se saisir des opportunités, des espaces de libertés qui nous restent et décider d’agir plutôt que de subir, c’est faire preuve d’audace et d’imagination, prendre soin des plus fragiles et vivre au quotidien la fraternité.

La situation climatique pourrait aussi nous amener au découragement, choisir la vie c’est faire notre part, décider de changer progressivement nos modes de consommation, à notre rythme, mais toujours en allant de l’avant.

Puisons notre force dans la Parole, l’Eucharistie et la prière, mais également dans nos familles et nos communautés, et notre intelligence.

Faire le choix de la vie est un acte d’amour.
C’est aimer Jésus, s’aimer soi-même, aimer les autres et aimer le monde.
Ce temps de carême nous est offert, alors n’attendons pas.

Sylvie et Philippe Gravet,
Directeurs du service diocésain des familles

Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?

N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ?

Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. […]
Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » (Isaïe 58)

 

Les lectures de ce jour nous parlent du jeûne, mais de manière un peu inhabituelle. Elles nous présentent sa finalité, qui est la rencontre avec le Seigneur.

Ainsi, le prophète Isaïe nous montre que si nous pratiquons le jeûne qui plaît au Seigneur, il répondra à notre appel « Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira « Me Voici. » C’est d’ailleurs pour cela qu’il est inutile pour les disciples de jeûner en présence du Seigneur, comme le dit Jésus dans l’Evangile.

Mais pour nous, qui nous sentons quelquefois loin du Seigneur, peut-être par notre faute, où même lorsque nous pensons qu’il nous a délaissés, oui, c’est bien à nous que s’adresse cet appel à jeûner, car comme le dit Benoît XVI « le jeûne est offert comme un moyen pour renouer notre amitié avec le Seigneur ».

Alors, écoutons cette parole d’Isaïe, pour partager notre pain, accueillir les sans-abris, libérer les enchaînés… Entrons dans un jeûne qui nous décentre de nous-mêmes et de nos soucis pour nous tourner vers l’autre, et avec lui, vers le Seigneur. Ainsi, en renonçant à ce qui nous est superflu, nous avançons à plus grands pas vers Jésus, qui ravive nos forces et nous donne la joie.

Anne Derycke,
Animatrice Aumônerie des Jeunes – Yvetot

« Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il comblera tes désirs et te rendra vigueur. »  (Is 58, 11)

Voilà qui est apaisant et plein d’Espérance ! Ces temps troublés sont comme un désert : nous ne savons pas où nous allons, ni ce que nous allons devenir. Depuis un an, la désespérance peut frapper à la porte de certains, pour d’autres la lassitude grandit. On ne sort plus, on n’ose plus regarder l’autre, l’accueillir, lui sourire, lui donner. 

Bonne nouvelle, nous ne sommes pas seuls ! Nous avons un guide, le Seigneur qui nous invite à garder notre regard fixé sur lui, quelles que soient nos difficultés, nos douleurs, nos peurs, nos peines. 

Mais, Il nous conduit si seulement nous lui demandons. Apprenons donc à Le mettre à la première place. Donnons-Lui notre temps, offrons-Lui notre prière en toutes circonstances. N’ayons pas peur de Lui demander d’éclairer nos choix, nos actes, nos paroles, nos silences. Mettons-nous à Son écoute. Il ne nous abandonnera jamais. 

Non seulement, il comblera nos désirs, nous rendra nos sourires, la joie, l’envie, l’Espérance mais Il fera de nous des lumières, des témoins pour les autres. Oui, par Lui et avec Lui, nous pourrons rayonner, redonner du goût à la vie. 

Notre salut est là, avec lui. Alors, sans hésiter, « Suivons le guide ! » 

Anne et Olivier Join-Lambert
Membres EAP – Paroisse St Valery en Caux

1er dimanche de Carême

Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant !

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. (Mt 16,13-19)

À la profession de foi de Pierre répond la mission que Jésus lui confie.

Pierre confesse la vraie foi non pas avec les seules forces de son intelligence humaine, mais parce qu’il reçoit une révélation gratuite du Père. Il n’est pas un héros de la foi, il n’a pas de mérite particulier, il demeure un pécheur avec ses fragilités et ses infidélités.
Néanmoins Jésus lui confie la mission d’ affermir ses frères dans la foi et de veiller à l’unité et à la communion dans son Église. Tous les attributs de Pierre se trouvent être ceux du Christ (pasteur, pierre, clés). Il les lui donne en participation. Jésus ressuscité confirmera la mission après la Résurrection.

Nous savons que le rôle éminent de Pierre dans la foi de la communauté primitive est à l’origine de la primauté que tous les papes héritent de Pierre, dans la tradition catholique. D’autres Églises ont une approche théologique différente, elles croient que le ministère confié à l’Apôtre est personnel et non transmissible.

Aujourd’hui, nous nous souvenons des premiers mots du pape François au soir de son élection au siège de Rome : il a d’abord invité l’Église à prier pour lui. Il formule cette demande régulièrement à la fin de ses interventions publiques.

Aussi confions-nous dans notre prière la personne et le ministère apostolique du pape François, ce jour de la fête de la Chaire de St-Pierre.

Père Philippe Poirson

« Ne rabâchez pas comme les païens » (Mt 6,7)

« Ne rabâchez pas comme les païens » disait Jésus à ses disciples. Notre prière dit à sa manière l’image que nous nous faisons de Dieu et de nous-mêmes. Rabâcher exprime de notre part que nous estimons que Dieu peut être sourd, ou qu’il est occupé ailleurs, comme ironisait Elie devant les supplications des prophètes de Baal. Ou encore, qu’il estime qu’il n’est pas bon de nous donner ce que nous lui demandons. Jésus veut faire sortir la prière de cette logique de marchands de tapis qui se satisfont d’une bonne transaction ou se consolent d’une mauvaise.

« Votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l’ayez demandé. » Avec Jésus, la prière devient une autre forme de relation, une réponse qui nous rend présents à celui qui EST, et avec lequel nous sommes si peu. « Nos chants n’ajoutent rien à ce que tu es, dit une préface eucharistique, mais ils nous rapprochent de toi. » Ne pas rabâcher, c’est alors s’ouvrir pour s’entretenir avec Dieu, à la suite de Moïse, comme un ami parle à un ami. Et cela passe par un acte simple : commencer par se taire et écouter.

Père Sébastien SAVARIN

« Ne me chasse pas loin de ta face » (Ps 50)

« Ne me chasse pas loin de ta face », implore le psalmiste dans le psaume de ce jour. N’est-il pas étrange qu’il redoute cela, venant du Dieu qui a par ailleurs déclaré : « Cherchez ma face » (Ps 27,8) et qui, chez le prophète Osée, promet de « s’en retourner chez lui jusqu’à ce que les méchants se mettent à rechercher sa face » (Osée 5,15).

Notre Dieu en effet, attend que l’on se mette en quête de lui, que l’on cherche son visage. Sans doute on comprend que le pécheur ait peur, malgré cela, de se présenter devant le Juste et le Saint, quand bien même cette justice se veut miséricordieuse et pardonnante ; il a honte, il voudrait pouvoir présenter un visage pur, signe d’un cœur pur, devant la face divine.

Pourtant le Seigneur ne demande pas cela, il n’oblige pas à le chercher seulement si l’on n’a rien à se reprocher. Aller vers lui peut se faire à tout moment, et le péché serait justement de ne jamais se sentir digne de lui, au point de couper les ponts. D’ailleurs, ne pouvons-nous pas emprunter le court-circuit qui s’appelle Jésus-Christ, lui qui a fait connaître au monde le visage de Dieu, lui qui a pris un visage humain pour que nous puissions nous tourner, tout pécheur que nous sommes, vers le regard aimant du Père infiniment bon ?

Yves Millou,
directeur du service diocésain de la formation et 
directeur-adjoint de l’Institut Normand de Sciences Religieuses

« Quand je crie vers toi Seigneur, tu réponds à mon appel » (Ps 137)

Croyons-nous vraiment que notre Seigneur écoute la plainte, l’appel de ses enfants ?

Appeler Dieu c’est se tourner vers Lui. C’est mettre des mots sur notre souffrance, notre détresse, nos incompréhensions et, les proclamer devant le Christ, quitte à ce que ces mots deviennent ineffables, des cris d’appel au secours. Des cris, parce que nous avons mal, nous souffrons, nous n‘en pouvons plus. Le Seigneur entend le cri. Il a même une pitié particulière pour les pauvres, les petits qui se tournent vers Lui.

Le Seigneur est à nos côtés. Il est dans l’aujourd’hui de nos vies. Il attend que je me tourne vers Lui et Lui apporte ce que je vis. Lui-même a souffert sur la Croix, mais  il a tout donné pour moi. Il habite ma souffrance de sa présence et me donne la force de la vivre.

 Aujourd’hui ne sommes-nous pas invités à retrouver un moment de silence, à glaner dans notre vie quotidienne un éclat de la Bonté du Seigneur, de la Beauté de la création ? Le Seigneur est là ! Que son Esprit Saint ouvre nos yeux, nos oreilles pour l’accueillir. Que ce même Esprit ouvre nos mains pour aller vers l’autre, mon prochain, afin que, moi aussi, je lui apporte soutien et réconfort.

Donne-moi Seigneur tout au long de ce carême d’être attentif à ta présence, d’être proche de ceux qui appellent. Donne-moi toujours la force de crier vers Toi.

Christelle Alexandre et Philippe Carpentier